Nouvelle Gauche
N° 119 mai 2008

Sommaire:

Sarkozy: comment finira la chute ? p.1 et 2

Les lycéen-ne-s continuent la lutte ! p.2 et 3

Les sans papiers étudiants, ça existe, on les a rencontrés. p.4 et 5

Les jeunes chez les Alternatifs. p.6 et 7

Les assises nationales d'AC! p.7

Université d'été des Alternatifs dans la Drome sur le thème du féminisme. p.8

La santé et la démocratie. p.8 et 9

1948-2008 : Palestine, 60 ans d'expulsion. p.10 et 11

Myanmar/Birmanie. Un peuple sous le joug d'une armée totalitaire. p.12 à 15

Calendrier. p.16

Sarkozy : comment finira la chute ?


Un démarrage tonitruant
Durant les premiers mois suivants son élection, Nicolas Sarkozy régnait en maître à la fois sur le gouvernement, le Parlement, les médias. Les sondages d’opinion le plébiscitaient, les mouvements sociaux étaient inexistants. Il avait les mains libres pour se faire payer ses vacances par de grands patrons tels Bolloré, pour appliquer la politique réclamée par le MEDEF, pour augmenter son salaire de 206%.

Le basculement de l’opinion
Mais au bout d’un an de présidence, on ne peut que constater que le château de cartes s’est effondré. Comment pouvait-il en être autrement quand le futur président avait affirmé à la fois « Je supprimerai les droits de donation et de succession… Je réduirai la fiscalité qui pèse sur les entreprises et sur le travail… Je renforcerai la présence des services publics dans les quartiers et en milieu rural… Je réduirai la dette et le déficit… » (1) Bref, c’était comme Pierrette et son pot au lait !
Alors que les retraités représentaient la tranche d’âge qui avait le plus voté pour Sarkozy, ils sont sans doute ceux qui ont le plus pâti de sa politique. Ils ont vu leur pension de retraite augmenter nettement moins que les prix, notamment que ceux de l’alimentation. Ils sont les plus touchés par les franchises médicales. Cette perte de crédibilité de l’opinion publique à l’égard de Sarkozy s’est exprimée lors des élections cantonales et municipales, qui ont vu l’UMP perdre beaucoup de terrain.
Même s’ils n’obtiennent pas beaucoup de résultats, les mouvements sociaux, une fois passée la période de déception post-présidentielle, ont repris de la vigueur. Leurs motifs sont variés : réforme de l’université, défense des services publics (Éducation, santé, impôts…), salaires (dans le public comme dans le privé), retraites, réforme judiciaire, OGM… Grenoble a notamment connu le 1er mai une belle fête et un cortège de manifestants bien fourni, le 22 mai une manifestation de 22 000 personnes dont les objectifs étaient l’avant et l’après travail, c’est-à-dire le lycée et les retraites.
Alors qu’au début de son quinquennat Sarkozy se montrait omniprésent, aujourd’hui il se fait « tout petit ».
Avec cette nouvelle situation, les médias, qui, dans la période suivant l’élection de Sarkozy, étaient « aux ordres », ont repris aujourd’hui une certaine liberté. Ainsi le « battage » qu’ils font sur Mai 68 n’est-il pas un pied de nez adressé à Sarkozy, qui, lui, avait tant décrié ce mouvement durant sa campagne présidentielle ? En revanche, les médias ne parlent pas des 50 ans de la Ve République !

La fronde au sein de l’UMP
L’opposition au Président de la République a commencé à toucher les bancs des députés de droite. Ces derniers l’ont obligé à revenir sur sa décision de supprimer la carte famille nombreuse SNCF. Le vote négatif de l’Assemblée Nationale sur le projet de loi concernant les OGM n’a pu avoir lieu que grâce à l’hostilité d’une partie d’entre eux, ceux qui sentent que dans leur circonscription la colère grandit.
Et dans cette atmosphère, Nicolas Sarkozy n’a même pas osé se rendre à l’AG des militants UMP, où pourtant il était attendu !

La répression pour seule réponse
Face à ce climat de fronde, Sarkozy et son gouvernement ne savent répondre qu’en montrant les dents. Ainsi, la « chasse aux étrangers » s’aggrave. Les manifestations de lycéens sont noyées dans les gaz lacrymogènes. Les enseignants voient leur droit de grève restreint. Lorsque Sarkozy est venu à Vienne, sa police a procédé à des arrestations, au contrôle de syndicalistes CGT, elle a confisqué des tracts de militants LCR.
Quant aux députés, il leur est maintenant interdit de discuter de certains projets de loi, comme celui sur les OGM !
L’histoire a montré que la répression avait ses limites, qu’elle pouvait, comme en 68, aboutir à des explosions.
Jean-François Le Dizès

(1) Extraits de la profession de foi de Nicolas Sarkozy pour le premier tour de l’élection présidentielle de 2007
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Articles d’un Nouvelle Gauche précédent sur un sujet voisin :
- Réforme fiscale de Sarkozy : toujours plus pour les riches - N°115 – Octobre 2007
- Le quinquennat de Chirac marqué par l’affrontement social - N°113 – Avril 2007

 
 
 
 
 
 
 

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