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Communiqué 13 Avril 2008

VICTOIRE DES SALARIE-E-S DE DACIA

A l'issue de trois semaines de grève totale, 10 000 salarié-e-s de Dacia ont contraint la direction de Dacia-Renault à satisfaire partiellement leur revendication salariale. C'est avec une augmentation mensuelle de 97 euros en deux tranches, dont une rétroactive au 1er janvier 2008, plus une prime annuelle de 243 euros, c'est-à-dire peu ou prou l'équivalent d'un treizième mois, que la majorité des ouvriers a décidé de reprendre le travail (la revendication initiale était une augmentation de 550 lei soit 148 euros).

Dans un premier temps, la direction française de Dacia-Renault avait explicitement menacé les salariés de Dacia de délocalisation : « ces doléances pourraient mettre en péril la croissance au beau fixe de la compagnie et l'avenir de Dacia, surtout si l'on prend en compte le fait que, d'ici 2010, les usines Renault qui verront le jour au Maroc, en Inde et en Russie seront en mesure de produire la Logan », déclarait ainsi le directeur général de l'usine François Furmount dans une lettre ouverte aux grévistes. Ensuite, elle essaya d'obtenir des autorités roumaines l'illégalité du mouvement. En vain.

Il faut dire que l'immense majorité de la population fait durement et quotidiennement l'expérience de la hausse du coût de la vie et de l'impossibilité de s'en sortir avec des salaires particulièrement bas (le salaire minimum roumain était de 114 euros à la fin 2007, le salaire moyen de 280 euros), et que chacun a conscience de l'ampleur du succès commercial et financier de la Logan. En 3 semaines de grève, la direction de Renault reconnaît ainsi une perte de 160 millions d'euros et un déficit de 20 000 logans.

Ce soutien populaire à la grève des Dacia, qui s'est matérialisé par de nombreuses collectes de soutien dans plusieurs entreprises du pays - le quotidien Evinementul Zilei indique ainsi que le syndicat des travailleurs de la Poste roumaine a remis une somme de 13 000 euros aux grévistes de Dacia - a largement contribué à l'issue positive d'une longue grève qui marque, à l'évidence, une étape nouvelle pour le syndicalisme en Roumanie.

La solidarité organisée dans les usines françaises du groupe par les syndicats CGT, CFDT et SUD ( 2226 euros ont ainsi été recueillis à Cléon, plus de 10 000 sur les différentes usines françaises) et le déplacement emblématique de syndicalistes CGT et CFDT à Mioveni et Pitesti pour affirmer et porter la solidarité des salariés de France a aussi fortement pesé pour contraindre le directoire de Renault à aller beaucoup plus loin que la direction de Dacia ne le voulait.

Une victoire et une belle leçon que n'oublieront pas de si tôt les dizaines de milliers de salariés roumains des multinationales venues dans ce pays exploiter une main d'ouvre parfaitement qualifiée et si bon marché. Ni les syndicalistes français qui luttent contre les délocalisations.


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