VICTOIRE DES SALARIE-E-S DE DACIA
A l'issue de trois semaines de grève totale, 10 000 salarié-e-s de Dacia
ont contraint la direction de Dacia-Renault à satisfaire partiellement
leur
revendication salariale. C'est avec une augmentation mensuelle de 97 euros
en deux tranches, dont une rétroactive au 1er janvier 2008, plus une
prime annuelle de 243 euros, c'est-à-dire peu ou prou l'équivalent d'un
treizième mois, que la majorité des ouvriers a décidé de reprendre le
travail (la revendication initiale était une augmentation de 550 lei soit
148 euros).
Dans un premier temps, la direction française de Dacia-Renault avait
explicitement menacé les salariés de Dacia de délocalisation : « ces
doléances pourraient mettre en péril la croissance au beau fixe de la
compagnie et l'avenir de Dacia, surtout si l'on prend en compte le fait
que, d'ici 2010, les usines Renault qui verront le jour au Maroc, en Inde
et en Russie seront en mesure de produire la Logan », déclarait
ainsi le directeur général de l'usine François Furmount dans une lettre
ouverte aux grévistes. Ensuite, elle essaya d'obtenir des autorités
roumaines l'illégalité du mouvement. En vain.
Il faut dire que l'immense majorité de la population fait durement et
quotidiennement l'expérience de la hausse du coût de la vie et de
l'impossibilité de s'en sortir avec des salaires particulièrement bas (le
salaire minimum roumain était de 114 euros à la fin 2007, le salaire moyen
de 280 euros), et que chacun a conscience de l'ampleur du succès
commercial et financier de la Logan. En 3 semaines de grève, la direction
de Renault reconnaît ainsi une perte de 160 millions d'euros et un déficit
de 20 000 logans.
Ce soutien populaire à la grève des Dacia, qui s'est matérialisé par de
nombreuses collectes de soutien dans plusieurs entreprises du pays - le
quotidien Evinementul Zilei indique ainsi que le syndicat des
travailleurs de la Poste roumaine a remis une somme de 13 000 euros aux
grévistes de Dacia - a largement contribué à l'issue positive d'une longue
grève qui marque, à l'évidence, une étape nouvelle pour le syndicalisme en
Roumanie.
La solidarité organisée dans les usines françaises du groupe par les
syndicats CGT, CFDT et SUD ( 2226 euros ont ainsi été recueillis à Cléon,
plus de 10 000 sur les différentes usines françaises) et le déplacement
emblématique de syndicalistes CGT et CFDT à Mioveni et Pitesti pour
affirmer et porter la solidarité des salariés de France a aussi fortement
pesé pour contraindre le directoire de Renault à aller beaucoup plus loin
que la direction de Dacia ne le voulait.
Une victoire et une belle leçon que n'oublieront pas de si tôt les
dizaines de milliers de salariés roumains des multinationales venues dans
ce pays exploiter une main d'ouvre parfaitement qualifiée et si bon
marché. Ni les syndicalistes français
qui luttent contre les délocalisations.
Les ALternatifs
haut
|