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Communiqué des Alternatifs le 15 juillet 2003

LIBERTE POUR JOSE BOVE !

En organisant une véritable opération commando pour arrêter le porte-parole de la Confédération Paysanne et le conduire en prison, le gouvernement a clairement illustré ce que Raffarin entendait par «choix de l'apaisement social » dans son entretien au journal Le Monde publié l'avant-veille de ce coup de force.

Oui, le gouvernement se sent fort de son succès sur les retraites, à l'issue de cinq longues semaines de puissantes mobilisations sociales, d'abord trahies par la direction nationale de la CFDT puis laissées sans centralisation véritable par les autres confédérations. Il croit là tenir enfin sa revanche. Et, encouragé par le MEDEF et par une base sociale avide d'en découdre, veut pousser l'avantage.

En démontrant ainsi une telle fermeté politique dans sa volonté de pénalisation du mouvement social, la droite ne mène pas seulement « une politique de droite », comme le susurrent des dirigeants socialistes pressées de tourner la page de leurs propres renoncements pour crédibiliser une hypothétique alternance. Elle prépare, déjà, les conditions de ses prochaines attaques libérales (privatisation d'EDF/GDF, démantèlement de la sécurité sociale, etc.) en ayant désormais parfaitement intégré que libéralisme et répression vont de pair. Pas étonnant dans ces conditions que Sarkozy apparaisse aujourd'hui comme le pivot et l'homme fort du gouvernement d'une droite de combat.

A la veille des congés d'été, il serait erroné de croire, ou de laisser croire, que nous venons simplement de vivre, et perdre, une première manche sociale mais que nos forces restent intactes pour la seconde. Chaque recul, quel qu'en soit le terrain : libertés publiques (droit des étrangers, chasse aux prostitués (de fait ouverte dans la plupart des grandes villes), droits sociaux (c'est le cas avec le nouvel accord MEDEF/CFDT sur l'indemnisation des intermittents du spectacle), droits de grève (avec le retour du « service minimum »), affaiblit le mouvement social et démoralise nombre de ses acteurs, y compris dans ses franges les plus combatives.

L'écart entre la condamnation de l'emprisonnement de José Bové (très majoritaire dans l'opinion publique) et la relative faiblesse des rassemblements et manifestations pour sa libération immédiate l'illustre : il est toujours difficile de se relever d'une bataille perdue si ne sont pas publiquement débattues, et, au moins en partie, partagées les leçons de cet échec. C'est dire l'importance de l'issue des débats qui se déroulent actuellement, et vont se poursuivre, dans les gauches syndicales et politiques.

Il y a longtemps, bien longtemps, qu'un dirigeant syndical national n'avait pas été emprisonné pour son activité syndicale. En arrêtant José Bové comme un dangereux criminel et en le jetant en prison, le gouvernement a choisi d'avancer d'un cran. Notre priorité, aux côtés de nos amis de la Confédération Paysanne, doit être de tout faire en ce début d'été pour rendre illégitime cet emprisonnement. Et imposer la libération immédiate de José Bové.

  Jean-Jacques Boislaroussie

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