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Campagne Bové 2007 25 Mars 2007


ECHOS DE CAMPAGNE N°7


25 mars - Déclaration de Berlin : quand leur Europe et celle des peuples n'ont rien à voir (R.M. Jennar)
24 mars - Troublantes surenchères nationales. (J. Bové)
23 mars - A Besançon, José Bové ressuscite les luttes des années 1970 (Le Monde)
23 mars - La direction de campagne de José Bové s'installe à Mantes et aux Mureaux.
23 mars - Les rafles Sarkozy aboutissent à la garde en vue de la Directrice de l’école maternelle ! (J. Perreux)
22 mars - Bové ne veut pas du "mini-traité" sur l'Europe de Sarkozy. (Reuters)
22 mars - José Bové avec les grévistes de PSA Aulnay (J. Perreux)
22 mars - José Bové martèle son rejet de "l'Europe des marchés". (AFP)
22 mars - Message de soutien aux Déboulonneurs. (J. Bové)
22 mars - Nos trois révolutions par José Bové. (Politis)
21 mars - L'accès à l'eau est un droit humain fondamental (J. Bové)
21 mars - Bové et Mamère soutiennent deux militants anti-nucléaire poursuivis en justice (AFP)



Juliette BINOCHE, Le Soir (Bruxelles), 20 mars 2007.
"Il y a de temps en temps des artistes de la liberté, des politiciens qui ont vraiment ce sens du devoir et du désir d'aller vers le respect de l'autre. Il y en a un que je vois, en ce moment, qui a ce côté révolutionnaire, terrien et résistant, c'est José Bové. C'est l'un des rares à se mouiller, et à aller au bout de ses idées. Heureusement qu'il y a des résistants comme ça."



DECLARATION DE BERLIN : QUAND LEUR EUROPE ET CELLE DES PEUPLES N’ONT RIEN A VOIR…

(R.M. Jennar, le 25 mars)



« L'homme est au cœur de notre action. Sa dignité est inviolable. Ses droits sont inaliénables. Femmes et hommes sont égaux. Nous aspirons à la paix et à la liberté, à la démocratie et à l'état de droit, au respect mutuel et à la responsabilité, à la prospérité et à la sécurité, à la tolérance et à la participation, à la justice et à la solidarité. La manière dont nous vivons et travaillons ensemble dans le cadre de l'Union Européenne est unique en son genre, comme en témoigne la coopération démocratique des États membres et des institutions européennes. L'Union européenne repose sur l'égalité des droits et la solidarité. »

Tels sont quelques-uns des termes de la « Déclaration de Berlin » adoptée ce 25 mars à l'occasion du 50e anniversaire du Traité de Rome.

A sa lecture, une seule question surgit : où se trouve Berlin ? Dans quel partie idyllique du monde se situe cette « Union européenne » ainsi décrite ?

On mesure, à lire ces propos, le fossé qui sépare les élites politiques des réalités vécues, au jour le jour, par une proportion toujours grandissante de celles et ceux qui vivent sur le territoire européen.

Combien de millions de chômeurs en Europe ?

Combien de millions de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté ?

Combien de familles disloquées par les licenciements boursiers, par les délocalisations, par les fermetures d'entreprises pour la seule satisfaction d'un actionnariat toujours plus insatiable ?

Combien d'emplois perdus dans une agro-industrie qui pollue et qui empoisonne de plus en plus ? Combien de morts suite aux complaisances des autorités européennes et des gouvernements à l'égard des fabricants de pesticides ?

Combien de vies brisées par un système où la logique de la concurrence libre et non faussée est la loi d'airain ?

Combien de victimes d'un système qui érige en « libertés fondamentales » la libre circulation des capitaux et des services ?

Combien d'immigrés raflés, enfermés dans des camps, déportés ?

Combien de femmes et d'hommes torturés grâce à la complicité de la Commission européenne et des gouvernements d'Europe avec un pays qui viole les conventions de Genève et le droit international ?

Poser ces questions fournit d'emblée un démenti flagrant à l'autosatisfaction des dirigeants européens et de ceux qui les relaient.

La démocratisation des institutions européennes et l'Europe sociale ne figurent pas dans les défis énumérés par la « déclaration de Berlin ».

Une autre Europe est nécessaire. Une Europe pour les peuples et par les peuples.



TROUBLANTES SURENCHERES NATIONALES

(J. Bové, le 24 mars)



Après les relents vichyssois de Sarkozy avec son ministère de l'immigration et de l’identité nationale, Ségolène Royal se lance dans une troublante surenchère nationale avec son souhait d’américaniser notre pays par l’exposition du drapeau français à toutes les fenêtres.

Son nouveau slogan, « La France présidente », enfonce dangereusement le clou.

Comment compte-t-elle réunir toute la gauche sur de telles bases ?

Nous ne laisserons pas détourner la campagne présidentielle de ce qui doit être ses objectifs : répondre aux urgences sociales, écologiques et démocratiques par une « insurrection électorale » contre le libéralisme et ses ravages.



A Besançon, José Bové ressuscite les luttes des années 1970

(Le Monde, le 23 mars)



Engoncé dans sa parka rouge, dans le grand Kursaal de Besançon, il s’est fait discret sur sa chaise au milieu du public venu écouter José Bové, jeudi 22 mars. Charles Piaget, figure de la lutte des "Lip", applaudit à "l’insurrection électorale" appelée par son ami paysan.

Sur fond musical du chant de la Commune de Paris, La Butte rouge, Charles Piaget explique que l’histoire de cette occupation d’usine de montres au printemps 1973 "appartient à tout le monde" : "On est entré ensemble dans la bagarre cette année-là : nous à 900 dans l’usine de Palente avec notre slogan "on fabrique, on vend, on se paye", eux sur le plateau du Larzac à 103 paysans contre l’occupation militaire." Timidement, il ajoute : "Avec José, on est en phase : il défend le social et l’écologie."

Se souvenant aussi qu’en juin 1973 quand, militant du PSU, il a été poussé par ses camarades à se présenter à l’élection présidentielle, la majorité de l’organisation emmenée par Michel Rocard s’y est opposée "pour ne pas gêner François Mitterrand". Comme un parallèle aux déclarations de François Hollande dénonçant la candidature "de division" de M. Bové.

En écho, le candidat altermondialiste raconte à la tribune : "J’avais 20 ans et cette lutte d’ouvriers qui décidaient de se réapproprier leur outil de travail et de produire seuls, c’était une nouvelle façon d’être digne." Il évoque encore cette "histoire singulière d’ouvriers et de paysans" qui se sont retrouvés quand les grévistes de Lip sont venus les aider à creuser une tranchée pour amener l’eau à la première bergerie "libre" face au camp militaire.

Un parfum "revival" qui parle dans cette salle, où pour les vieux comme les plus jeunes, le nom de Lip est encore une fierté ouvrière. La veille, le film de Christian Rouaud, Les Lip, l’imagination au pouvoir, avait fait salle comble.

"GRANDS FRÈRES"


José Bové en profite pour évoquer un autre de ses "grands frères", Bernard Lambert, leader des Travailleurs paysans. "En 1973, encore, il avait dit : "Plus jamais les paysans ne seront des Versaillais en s’opposant à ceux qui veulent changer le monde." C’est cet engagement que j’essaie d’honorer", prétend-il.

Charles Piaget sourit, presque tristement : "José Bové est un des plus près de ce que je voudrais. Mais ça me navre que le camp antilibéral n’ait pas réussi à se fédérer. José va créer une dynamique mais un candidat unique, ça aurait été autre chose ! Ma famille, c’est autant la LCR, les Verts que les Alternatifs." Alors, il avoue que son bulletin de vote n’a pas encore de nom. "Je vais réfléchir", souffle-t-il en s’éclipsant.



A Besançon, José Bové se veut le candidat des déçus de la gauche (presse régionale)

Le visage du candidat altermondialiste, José Bové, a été remplacé par un coquelicot sur les affiches mais son nom demeure un élément fédérateur pour les déçus de la gauche venus nombreux le voir jeudi soir dans un théâtre de Besançon.

"Où donc a bien pu passer la gauche ?" lance un militant au micro. Un vibrant "ici" électrise la salle, impatiente comme une groupie à un concert.

Cheveux blancs ou longs, dreadlocks... Un millier de personnes de tous les horizons se pressent dans l’espoir d’apercevoir celui qui veut être "le porte-voix des sans-voix, écologistes, antiracistes, féministes et solidaires".

Accueilli par un tonnerre d’applaudissements, José Bové entame son discours sur l’incontournable —et historique— conflit social chez Lip en Franche-Comté. En 1973, les salariés de cette usine de montres en faillite avaient relancé la production en autogestion pour défendre leurs emplois.

"La première fois que je suis venu à Besançon, c’était un mois de septembre et on défilait pour cette lutte exemplaire, cette lutte de Lip qui nous a donné un nouvel espoir", a déclaré M. Bové. "C’est cette résistance au début des années 70 qui m’a donné envie de croire qu’on pouvait rassembler par-delà les différences", a ajouté l’ancien syndicaliste.

L’un des meneurs des anciens ouvriers de Lip, Charles Piaget, aujourd’hui âgé de 79 ans, se sent "en phase avec M. Bové" qui, selon lui, "a créé une dynamique". En Franche-Comté, la vedette de l’altermondialisme a recueilli 12 parrainages, dont quatre ont été obtenus à la dernière minute, lui permettant de franchir le seuil des 500 avec un total de 503 signatures.

Parmi les invités à la tribune, un des parrains, Jean-Pierre Tonnin, raconte les difficultés de Crouzet-Migette (Doubs), son village de 140 âmes, "abandonné" par le service public. "Nous attendions un messie. Le voilà, c’est José Bové !", s’exclame-t-il. "J’ai voté communiste pendant 40 ans", raconte Claude Boucard, un ancien cheminot de 63 ans. "Le PC n’apporte plus de réponses à mes questions. Je ressens aujourd’hui, avec José Bové, l’élan que j’ai connu aux fêtes de l’Huma".

Parmi les plus jeunes, beaucoup sont venus par curiosité. Noémie Braun, 20 ans, va participer à une élection pour la première fois : "je suis venue comme ça. Les idées sont intéressantes mais je ne suis pas sûre de voter pour lui". A 27 ans, Thomas Vernerey a mis pour la première fois les pieds dans un meeting politique. En 2002, il a voté blanc : "Malheureusement, les gens qui ont parlé n’ont pas les talents oratoires d’un Sarkozy. L’image compte à 90% pour gagner même si je suis d’accord avec Bové à 100%".

José Bové reprend la main pour donner sa consigne : "Le 22 avril, il sera important de voter utile, de voter pour ceux qui disent qu’un autre monde est en marche".



La direction de campagne de José Bové s'installe à Mantes et aux Mureaux.

(La direction de campagne de José Bové, 23 mars)


Du vendredi 23 au dimanche 25 mars, les collectifs locaux organisent le déplacement de José Bové et de portes parole dans le Mantois.
Là où Sarkozy ne peut y mettre un pied, nous y mettons la campagne !

La question des banlieues est pour nous centrale. Elle ne peut se résumer à un passage par "les lieux obligés" pour les médias.
Ce déplacement est construit dans la durée et par des acteurs locaux.

Vendredi, après s'être rendu à l'usine PSA d'Aulnays sous Bois (93), José Bové se rendra à Mantes pour une visite du quartier du Val Fourré qui sera suivie d'une signature du livre.

Après une rencontre avec les associations locales, un meeting sur le thème quartiers en resistances se déroulera aux Mureaux.
Les intervenant-e-s seront des acteurs locaux ainsi que Fernanda Marrucchelli et Eros Sana.

Le lendemain, samedi, après un passage par le marché de Mantes et une émission pour Radio Droit de Cité, l'équipe se rendra à la manifestation contre les violences faites aux femmes et à la rencontre d'Unis Contre l'Immigration Jetable.

Retour à Mantes pour un grand meeting avec Claire Villiers et Eros Sana comme portes parole.

La journée du dimanche serait autour d'un passage sur le marché de Mantes la ville et d'un débat sur les OGM dans une Biocoop, avant que José Bové ne se rende au salon du Livre.



José Bové accueilli chaleureusement à Mantes-La-Jolie (AFP)

Le candidat à la présidentielle José Bové a reçu vendredi après-midi un accueil très chaleureux à Mantes-La-Jolie où il a sillonné, sous une pluie battante, le marché du Val-Fourré, symbole du malaise des banlieues.

C’est aux cris de "José, José", "Bové président", que le leader altermondialiste a été accueilli sur le marché où commerçants et clients, quasiment tous d’origine étrangère, s’arrêtaient pour le saluer et lui souhaiter "bonne campagne".

"C’est bien que vous soyez venu nous voir, sans garde du corps et sans policiers", lui lance une habitante du quartier.

"La question des quartiers populaires est au centre de la campagne, il faut que personne ne soit marginalisé et méprisé dans ce pays", affirme José Bové. C’est pourquoi, dit-il, "j’ai transféré mon QG de campagne pour deux jours" à Mantes-La-Jolie où il devait tenir un meeting dans la soirée avant de poursuivre samedi sa visite.

"Avant le problème du logement, se pose la question de la dignité", insiste le candidat qui dénonce "la France à deux vitesses" et stigmatise Nicolas Sarkozy l’accusant d’"instrumentaliser les banlieues et le thème de la sécurité".

"M. Bové, le temps n’est pas avec vous", lui lance une femme alors qu’il pleut à verse. "Il est bon qu’il pleuve au printemps parce que c’est au printemps qu’on sème ce que l’on va récolter", affirme l’ancien leader paysan qui à chaque étape s’arrête pour rappeler le lien entre le combat des paysans et celui des banlieues, tous des "gens exclus".

Le candidat entre dans des cafés et bars, boit du thé et discute avec les habitants. Dans une sandwicherie halal, Sedat, d’origine turque, lui demande s’il est pour l’entrée de la Turquie en Europe. Sa réponse positive le rassure. "François Bayrou est venu" en février", "mais il n’est pas entré", regrette-t-il, affirmant qu’il va voter pour Bové.

Après le marché, il visite le quartier où parfois des fenêtres s’ouvrent, des habitants le saluent comme cette femme d’origine sénégalaise qui lui présente son enfant de deux ans et l’encourage dans sa campagne.

Trois jeunes noirs du quartier veulent se faire prendre en photo avec lui. "Débarrassez-nous de Sarkozy", lui lancent-ils.

"On apprécie qu’il vienne nous voir", affirment trois adolescents. Et si Sarkozy venait : "ce serait l’émeute directe", assurent-ils.

Dans un bar où "les femmes n’entrent jamais", selon un habitué, José Bové est invité à expliquer à deux anciens ouvriers longuement son projet : "le respect des droits, qu’elles que soient les origines et les religions", résume-t-il.


Les rafles Sarkozy aboutissent à la garde en vue de la Directrice de l’école maternelle !

(J. Perreux, le 22 mars)



Les vives protestations de parents d’élèves, lundi dernier, lors de l’arrestation d’une mère dont l’enfant est scolarisé à la maternelle n’ont pas eu l’heur de plaire aux sbires du ministre-candidat.

La mère en question ayant le grave défaut, pour la société que nous promet Sarkozy, d’être étrangère, la Directrice de l’école maternelle, Mme Valérie Boukoza, a été convoquée au commissariat, ce matin, vendredi 23 mars.

Elle a été mise en garde à vue !

Nous appelons à un rassemblement immédiat devant le commissariat où est détenue Mme Boukoza.
Toutes et tous devant le commissariat du 19ème arrondissement de Paris, 3 rue Eric Satie, Métro Ourcq.
De tels agissements sont intolérables. La chasse aux enfants de parents étrangers soulève le cœur.

Nous ne voulons pas de cette société faite de haine, de racisme, de xénophobie, de chasse aux immigrés, que cache le vocable d’immigration choisie.

Il est temps de régulariser tous les sans-papiers et de renvoyer Sarkozy à sa mairie de Neuilly sans HLM.

Ne le laissons plus agir. Ne le laissons pas passer.



Bové ne veut pas du "mini-traité" sur l'Europe de Sarkozy.

(Reuters, 22 mars)



José Bové juge que le projet de traité simplifié de Nicolas Sarkozy est de la "poudre aux yeux" et ne répond à aucune des questions fondamentales du projet européen.

"Ca ne règle rien, c'est de la poudre aux yeux et ça va complètement à l'encontre du projet nécessaire aujourd'hui pour l'Europe", a déclaré le candidat altermondialiste lors d'une conférence de presse sur l'Europe, à l'occasion du 50e anniversaire du traité de Rome.

"L'Europe a besoin de démocratie, l'Europe a besoin de droits sociaux, l'Europe a besoin d'environnement. La proposition de Nicolas Sarkozy ne répond à aucune des questions fondamentales de ce projet européen", a-t-il ajouté.

Le candidat de l'UMP s'est engagé, s'il est élu à l'Elysée, à proposer à ses partenaires européens un traité simplifié destiné à débloquer les institutions européennes tout en respectant, selon lui, le vote des Français en mai 2005.

Le candidat centriste, François Bayrou, lui a reproché de vouloir court-circuiter le vote des Français en faisant voter ce texte par le Parlement dès le mois de juillet.

José Bové, qui a oeuvré pour la victoire du "non" au référendum de 2005 sur la constitution européenne, a insisté pour sa part sur la nécessité de construire "une autre Europe" basée sur le principe que "l'homme passe avant le marché."

"Comment pourra-t-on relancer cette machine ? Pour nous, il faudra de manière claire qu'on ait un principe constituant pour élaborer un nouveau projet, mais sur des bases démocratiques, sociales et environnementales", a-t-il expliqué.

Prié de définir ce principe constituant, le syndicaliste a précisé que la question restait ouverte mais que l'on pouvait imaginer, par exemple, que le Parlement européen élu en 2009 ait pour objectif de rédiger un nouveau traité.

Ce texte serait ensuite "soumis aux pays membres et à un vote référendaire le même jour dans tous les pays."

José Bové a souligné que la France "sera aux affaires en 2008" et qu'elle pourrait profiter de la présidence de l'Union "pour impulser une nouvelle dynamique".

"Ce n'est pas l'Europe du marché qu'on veut mais c'est bien l'Europe des peuples", a-t-il dit.


JOSE BOVE AVEC LES GREVISTES DE PSA AULNAY

(J. Perreux, 22 mars)



Depuis le 28 février, la grève de 500 salariés ou intérimaires se poursuit avec détermination à Aulnay (93) chez PSA.

Leurs revendications qui passent, entre autres, par un salaire minimum de 1525 euros nets, l’embauche des précaires en CDI et 300 euros de suite pour tous, rejoignent en partie le programme social porté par la candidature collective de José Bové. Celui-ci se rendra demain, vendredi 23 mars à l’usine d’Aulnay pour y soutenir les grévistes avant leur manifestation, samedi 24 mars à Paris organisée par leur comité de grève et soutenue par les organisations syndicales SUD, CGT, CFDT, CFTC, UNSA et à laquelle nous apportons notre soutien.



José Bové martèle son rejet de "l'Europe des marchés".

(AFP, le 22 mars)



Au moment où les chefs d'Etat et de gouvernement européens s'apprêtent à célébrer le 50e anniversaire du traité de Rome, le candidat antilibéral José Bové a répété jeudi son opposition à "l'Europe des marchés", renouvelant sa proposition d'une refondation des institutions et des politiques pour construire une "Europe des peuples".

La construction européenne "a voulu mettre les marchés au centre", a dénoncé José Bové lors d'un point presse au siège de son QG de campagne à Paris. "On profite de ce 50e anniversaire (...) pour réaffirmer que, pour nous, il faut à la fois construire une Europe démocratique, une Europe sociale et écologique, une Europe solidaire avec les autres pays", a-t-il affirmé. "Ce n'est pas l'Europe des marchés qu'on veut, c'est l'Europe des peuples".

Opposé à la Constitution européenne, le candidat antilibéral a estimé que "ce texte n'existe plus" depuis l'échec du référendum du 29 mai 2005. "La France doit retirer sa signature", a-t-il souhaité. Il propose de le remplacer par un nouveau projet élaboré "sur des basses démocratiques sociales et environnementales", qui pourrait être rédigé par le Parlement européen après les prochaines élections de 2009.

José Bové a également rejeté l'idée d'un "mini-traité" réduit aux questions institutionnelles, notamment défendue par Nicolas Sarkozy. "Ca ne règle rien", a-t-il tranché. "Si ce qui domine reste les politiques de libéralisation, nous ne sommes pas favorables à faciliter la prise de décision", a précisé son porte-parole Yves Salesse. Ce dernier a aussi mis le Parti socialiste en garde contre la tentation de ne pas organiser un nouveau référendum sur la question.

L'élargissement est également largement critiqué. Pour Yves Salesse, il "a été un facteur de paralysie croissante qui nous a éloigné encore de la constitution de l'Europe politique et sociale". L'ancien porte-parole de la Confédération paysanne s'est donc prononcé pour une réflexion sur le sens de la construction européenne avant un nouvel élargissement. "On parlera de la Turquie après". AP



Message de soutien aux Déboulonneurs

(J. Bové, le 22 mars)



J’apporte mon soutien total aux Déboulonneurs, à leur combat non- violent, ainsi qu’à leurs revendications. Je me réjouis qu’ils et elles refusent de se résigner à voir nos villes et nos villages, nos espaces publics et nos vies envahis par la publicité.

Face à l’invasion publicitaire, comme face aux OGM, il n’y a malheureusement pas d’autre recours, pas d’autre alternative que la désobéissance civique. Il faut avoir le courage de ses convictions, pour les assumer, quitte à risquer prison. Il faut oser la désobéissance civique.

Le système publicitaire porte atteinte au fonctionnement même de notre démocratie. Il incarne tous les travers du libéralisme triomphant. Il n’est pas sans effets, sans conséquences, mais engendre des dommages sociaux, environnementaux et sanitaires indéniables – dont nous payons tou-te-s le prix, en premier lieu les plus pauvres d’entre nous.

Les collusions entre industrie publicitaire, médias et certains hommes politiques contribuent à la confiscation de la démocratie. Ce système doit être d’autant plus combattu qu’il ne rechigne pas à enfreindre la loi : 1/3 des panneaux sont illégaux (trop grands, à proximité de monuments classés, etc.).

L’invasion publicitaire porte atteinte à la dignité des femmes, sur lesquelles elle exerce une violence symbolique intolérable, à laquelle nous pouvons et devons mettre fin. Elle est un danger sanitaire – anorexie et obésité se développent de manière inquiétante.

La publicité est un cheval de Troie d’une société et d’un espace public toujours plus privatisés et surveillés, à mesure que nos libertés s’amenuisent. Les panneaux publicitaires sont utilisés pour tester de nouvelles formes de vidéosurveillance. Les trottoirs sont privatisés. Une nouvelle étape a été franchie récemment : les publicitaires prétendent se substituer aux services publics, pour nous faire croire qu’ils oeuvrent au service de l’intérêt général. Ils mettent donc à disposition de certaines municipalités des vélos, en l’échange du marché publicitaire local. Or la publicité à un coût, que nous payons tou-te-s, à chaque achat que nous faisons. C’est donc un impôt privé qu’inventent actuellement les publicitaires, avec la complicités des élu-e-s locaux : plutôt que de développer des politiques volontaristes de réduction de la place de la voiture, ils se réjouissent de voir des multinationales faire semblant d’assurer une mission de service public.

Je ne peux donc que m’associer au choix de la non-violence fait par les déboulonneurs, à leur volonté d’aller jusqu’au bout de leurs convictions, d’assumer leur choix quitte à risquer la prison. Car ce refus est un projet, celui d’une société socialement juste, écologiquement responsable, respectueuse de la dignité de tou-te-s.

Je veux ici répéter qu’il n’y a pas d’incohérence à pratiquer la désobéissance civique puis à se présenter à l’élection présidentielle : j’ai toujours assumé mes actes, fondés sur la légitimité démocratique. La désobéissance civique vise à transformer la loi, à la faire évoluer, quand ce n’est pas tout simplement à la faire appliquer. Elle est une forme d’attachement au droit, à la justice, qui nous protège tou-te-s, et respecte notre dignité.

J’ai décidé de prolonger ces actions, par une candidature, collective – à l’image des actions de désobéissance civique.

Je m’engage donc à réformer la loi de 1979, pour définir un cadre véritablement contraignant, qui proscrive toute dérogation. L’affichage publicitaire n’excédera pas 50*70 centimètres, et le nombre de panneaux sera limité, en fonction du nombre d’habitants

dans chaque agglomération. Les panneaux illégaux seront démantelés, au frais des publicitaires. La publicité télévisuelle sera également encadrée, principalement celle qui touche les plus jeunes.

Un autre monde est en marche. Tou-te-s ensemble, changeons vraiment nos vies.



Nos trois révolutions par José Bové

(Politis, le 22 mars)



Quelques minutes après l’annonce de la validation de sa candidature, José Bové nous a confié ses projets pour une campagne de rencontres qui démarre ce jeudi à Besançon.

Alors ? Content ?
José Bové : Oui, épuisé, mais je suis heureux. Nous y sommes arrivés grâce à l’acharnement des militants. De peu, puisque nous avons eu 503 parrainages validés, mais ceux qui m’entourent n’ont jamais renoncé, ils y ont cru jusqu’au dernier moment. En un mois et demi, ils ont réussi à faire ce que d’autres ont difficilement réalisé en plusieurs mois. C’est l’indice certain d’une mobilisation qui n’a rien à voir avec celle des autres partis. Merci à eux et merci à tous les élus qui nous ont fait confiance, à ces élus qui ont refusé le verrouillage de la démocratie. Je crois que beaucoup de gens sont satisfaits de constater que, pour la première fois, un syndicaliste se présente à la présidentielle.

Il y a eu des obstacles ?
Ils ont été nombreux, et je dois dire que j’en veux à tous les partis constitués, à commencer par les partis de gauche ; ils se sont ligués pour nous interdire l’accès au véritable débat démocratique. Ils se sont littéralement acharnés contre nous. J’en veux également à Dominique Voynet, qui a exercé des pressions sur des élus alors qu’elle savait parfaitement qu’elle avait très largement réuni le nombre de parrainages nécessaire. Il fallait couper la route à Bové, et surtout à ceux qu’il réunit, ce n’est pas très digne, c’est même indigne.

Vous êtes prêts ?
Nous avons choisi d’être optimistes, donc nous nous sommes organisés pour démarrer tout de suite. Les lieux des meetings sont définis, on nous réclame partout, nous allons nous lancer dans un véritable tour de France de la révolution démocratique. Nous allons tenter d’organiser une insurrection dans les urnes.

Et les sondages ?
Nous avons même été boycottés par les organismes de sondages. Nous avons des exemples, des témoignages de gens interrogés qui racontent que, lorsque leur choix s’arrêtait sur la case Bové, on leur expliquait que je n’aurais pas les parrainages et que leur réponse allait être considérée comme « ne se prononce pas ». Maintenant, la donne est changée, et, même dans les sondages, il va falloir compter avec nous. C’en est fini de nous ranger dans les « etc ».

Qu’est-ce qui a changé en quelques semaines ?
L’intérêt est devenu de l’enthousiasme, je l’ai constaté partout, aussi bien dans le sud de la France qu’à Nanterre ou à l’université de Paris-VIII, où j’ai parlé deux heures devant un amphithéâtre comble. Cet enthousiasme qui monte, c’est l’espoir de plus en plus clairement exprimé de traduire plusieurs années de combat dans les urnes. Comme si notre mouvement surgissait à nouveau des débuts de cette longue marche lancée à Seattle contre l’OMC, en 1999. Je symbolise la diversité de ceux qui en ont ras le bol de la logique des partis qui ronronnent en ne satisfaisant personne. Tout cela prend un vrai sens, parce que les combats que nous allons évoquer sans relâche jusqu’au 22 avril sont l’illustration de la liaison entre le local et l’international.

Quels seront les thèmes de la campagne ?
La révolution démocratique, la révolution sociale et la révolution écologique : notre argumentation va s’appuyer sur ces trois axes. Nous allons réclamer l’interdiction des licenciements dans les entreprises faisant des profits, le passage au scrutin proportionnel, un changement de constitution, un moratoire sur les OGM et le nouveau réacteur nucléaire, une opposition ferme aux exigences de l’OMC et la régularisation des sans-papiers. C’est suffisamment clair pour que tout le monde le comprenne. C’est pour cela que je parle d’insurrection dans les urnes. Je reste un non-violent.

Vous allez pouvoir expliquer tout cela ?
Oui, parce que la loi nous garantit maintenant le droit à la parole dans les médias, et cela devrait modifier les rapports de force. Il faudra compter avec nous et nous répondre autrement que par des généralités.

Et après la présidentielle ?
Nous avons commencé la mise en place de nos candidats pour les législatives, et je vous garantis quelques surprises de cette gauche alternative à la fois rebelle et rassembleuse.






L'ACCES A L'EAU EST UN DROIT HUMAIN FONDAMENTAL

(J. Bové, le 21 mars)



Jeudi 22 mars est consacré « journée mondiale de l’eau ». L’accès à l’eau potable est devenu un problème mondial. Non seulement du fait de l’augmentation de la population, de la déforestation, de la pollution, d’un usage intensif de l’eau dans certaines activités utiles ou qui le sont beaucoup moins, mais également du fait de la privatisation de la distribution d’eau. Ce phénomène mondialisé de privatisation impulsé sous la pression des firmes multinationales remet radicalement en cause l’accès égal pour tous à un élément vital pour la vie. La vie des humains, mais également la vie de leur environnement végétal et animal. Lié aux revenus dont les humains disposent, cet accès privatisé représente aujourd’hui une menace majeure pour les conditions d’existence de milliards d’habitants de la planète.

Or, l’Union européenne est le fer de lance de cette privatisation. Avec le soutien quasi inconditionnel des 27 gouvernements, la Commission Européenne utilise la problématique de la création d’un marché unique des services pour pousser à la privatisation de la distribution d’eau dans les différents pays de l’Union.

Elle se sert des négociations commerciales internationales pour demander aux pays en voie de développement d’ouvrir leur secteur de l’eau aux multinationales européennes. Cela se passe par le biais des négociations à l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) dans le cadre des négociations quasi permanentes sur la mise en œuvre de l’Accord générale sur le commerce des services (AGCS). Cela se passe aussi dans le cadre de négociations en vue de créer des zones de libre-échange avec les anciennes colonies européennes et en particulier avec les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique divisés arbitrairement par les Européens en six zones auxquels la Commission s’emploie à imposer ce qu’elle ose appeler des « accords de partenariat économique ». Il en va de même de négociations avec les pays du bassin méditerranéen et ceux de l’Asie du Sud-Est.

L’argument selon lequel le processus de libéralisation stimulerait l’économie et serait bénéfique pour les consommateurs ne résiste pas à l’examen : dans la plupart des cas, on assiste à un transfert d’un monopole public qui assurait jusqu’ici une eau de qualité à un prix raisonnable distribuée sur l’étendue du territoire à un monopole privé qui fournit une eau de médiocre qualité à un prix supérieur sans garantir la distribution sur l’ensemble du territoire.

Ce qui n’empêche pas la Commission européenne de poursuivre son offensive néo-libérale : des pressions considérables sont faites avec son appui sur les collectivités locales en Europe pour qu’elles cèdent la distribution d’eau aux firmes privées ; les négociateurs européens exigent l’ouverture des marchés des pays du Sud aux firmes privées européennes ; l’argent de l’aide au développement est utilisé pour favoriser le secteur privé au détriment d’investissements publics dans la distribution de l’eau.

Nous demandons l’arrêt immédiat des pressions de la Commission européenne en faveur de la libéralisation de l’eau.

Nous réclamons la reconnaissance de l’accès à l’eau comme un droit humain fondamental.

Nous dénonçons les gouvernements et les partis politiques qui apportent un soutien constant aux pressions exercées par la Commission européenne.



Journée de l’eau : l’insupportable hypocrisie (J. Bové, le 22 mars)

Depuis ce matin, journée mondiale de l’eau, la compassion va bon train.
Demain sera un autre jour. Toujours sans eau pour des milliards d’hommes, de femmes, d’enfants.
L’hypocrisie des gouvernants et de quelques commentateurs est à son comble.

Il est insensé que 2 milliards 500 millions d’êtres humains n’aient pas accès à l’eau potable quand on sait, chiffre de l’ONU à l’appui, que le coût annuel pour résoudre cette question vitale serait d’un coût mondial inférieur à 11 milliards de dollars par an.

Oui, 11 milliards de dollars soit 1% des 1 100 milliards de dollars annuels dépensés pour les engins de mort et de destruction. Résoudre la question du droit fondamental à l’eau ne représente que 1 % des dépenses militaires mondiales !

Et cela permettrait la distribution immédiate de 50 litres d’eau potable gratuite à toute la planète…

Elu Président, je m’engage à prendre mon bâton de pèlerin pour qu’en quelques mois, face à face avec chaque dirigeant, j’obtienne que l’eau, bien commun de l’humanité, soit à la portée de chaque être humain.








Bové et Mamère soutiennent deux militants anti-nucléaire poursuivis en justice

(AFP, le 21 mars)



José Bové et Noël Mamère ont participé mercredi à un rassemblement devant le palais de justice de Bordeaux en soutien à deux militants du réseau "Sortir du nucléaire", poursuivis en justice. Stéphane Lhomme et Jean-Michel Tastet comparaissent dans l'après-midi pour avoir "résisté avec violence" à des policiers qui les interpellaient alors qu'ils avaient escaladé un échafaudage du palais de justice de Bordeaux le 26 octobre 2006.

Stéphane Lhomme est également poursuivi pour "violences sur un procureur". Un substitut du procureur s'était coincé la jambe dans une trappe de l'échafaudage en tentant de rejoindre le militant. Ce dernier affirme avoir refermé cette trappe pour éviter de chuter.

Les deux militants de l'association Tchernoblaye avaient ainsi manifesté pour "protester contre l'inertie du parquet de Bordeaux" dans l'instruction d'une plainte déposée par leur association contre la centrale nucléaire du Blayais, à qui ils reprochent d'avoir utilisé l'eau de la Garonne sans autorisation pendant plusieurs mois pour son refroidissement.

Noël Mamère, José Bové et quelques dizaines de militants anti-nucléaire ont réclamé la relaxe des deux hommes.

Pour Noël Mamère, "la justice est étonnamment prompte à poursuivre les citoyens qui essaient d'alerter l'opinion publique, et intraitable avec eux, alors qu'elle est très légère et très lente avec ceux qui prennent des libertés avec l'argent public ou qui inventent de faux électeurs".

Pour José Bové, "ce procès est symbolique de la répression des mouvements sociaux et de l'action militante. Mais les vrais délinquants sont ceux qui gèrent le gouvernement, qui veulent nous imposer le nucléaire ou les OGM".

José Bové a profité de cette tribune pour rappeler qu'il demande quatre moratoires: sur l'EPR, les OGM en plein champ, les incinérateurs et les constructions d'autoroutes. Il a affirmé que si le réacteur EPR est construit à Flamanville (Manche), il s'engage à ce que "pas un mégawatt ne sorte de cette installation. Nous déboulonnerons les pylônes qu'ils essaieront de construire", a-t-il promis. AP


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