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Appel à manifestation ! le 15 février 2003

IRAK : NON A LA GUERRE !

MANIFESTATION NATIONALE POUR EMPÊCHER LA GUERRE
SAMEDI 15 FÉVRIER A PARIS

 

Des bombes en Corée ? raison de plus pour chicorer en Irak.

Le vote de la résolution 1441 est loin d'avoir fermé les portes à la guerre qui menace. et les facteurs qui poussent les Etats-Unis et gorge bush personnellement à la guerre sont toujours là. Ils sont encore aggravés par les difficultés économiques des Etats-Unis : dans ce pays que les idéologues raffarinés s'obstinent à présenter comme "libéral" le gouvernement à lancé un programme de relance de pas moins de 674 milliards de dollars.

La bourse et la mort.

C'est qu'il y a péril en la demeure et que la récession guette : les bourses américaines et mondiales vont mal : à new York en trois ans, le dow Jones a baissé de 27% et l'indice S&P 500 de 40%. Sur la même période, la baisse est de 43% à Londres , de 45% à hong-kong , de 48% à Madrid et à Paris. Elle grimpe à 55% pour le Nikkei 225 à Tokyo et à 58% à Francfort. Elle culmine à 67% pour le Nasdaq composite de New York. Et ces revers accumulés ne sont évidemment pas compensés par le seul résultat positif de la période qui est doublement du niveau de la bourse de Moscou . Dans ces 
conditions, où d'Enron en United Airlines les déboires s'accumulent et où l'avenir apparaît bushé, une "bonne guerre" va remuer les énergies et forcer tout le monde à s'agiter. le son du canon va réveiller les hésitants, Les raids aériens vont ouvrir 
la voie aux audacieux, la guerre, la guerre, la guerre, toujours recommencée va montrer des horizons nouveaux : Bush va leur mettre le feu.

Des preuves ? pourquoi faire ?

Mais, dira-t-on, les inspecteurs n'ont rien trouvé en irak. Pas trace de ces fameuses armes de destruction massives stockées par ce pays suivant l'administration américaine. Il n'y a donc pas de raison de faire la guerre. Croit-on vraiment que les Etats-Unis cherchaient une "vraie bonne raison" d'intervenir ? On est aujourd'hui tenté de penser le contraire : 

c'est qu'ils ne voulaient surtout pas avoir de raisons indiscutables. 
Histoire d'étaler leur force, de montrer que justement ils n'ont pas besoin de "bonnes raisons" pour intervenir, qu'ils sont capables de le faire quand bon leur semble, sans autre justification.

"Punir" l'irak, ça assagira la corée.

Et cette interprétation est encore renforcé par ce qui se passe avec la Corée du nord : voilà un pays dont l'administration américaine nous fait savoir que les dirigeants leur ont dit qu'ils avaient construits des armes nucléaires, en dépit de leur engagement dans le traité de non-prolifération. Malgré les démentis des autorités nord-coréennes, les 
informations américaines persistent. On chiffre même la quantité de têtes que les coréens posséderaient (deux à six suivant les publications). 

L'engagement de 1994 par lequel les Etats-Unis apportaient à la Corée du nord une aide en énergie (deux réacteurs peu proliférants et du pétrole) ainsi que de la nourriture, en échange d'un renoncement à ses programmes nucléaires, est mis à mal par les Etats-Unis qui, d'une part retardent la construction des réacteurs promis, d'autre part suspendent unilatéralement au dernier trimestre 2002. Dans ce bras de fer, les enchères montent. Les forces américaines font arraisonner par des bâtiments espagnols une livraison de missiles au Yémen, pays souverain, parfaitement en droit 
d'acquérir des armements. C'est une pression supplémentaire sur la Corée du nord, dont les missiles sont une des rares productions exportable. Dans le même temps, les coréens essaient de négocier la question nucléaire contre une aide accrue.

Mais, la différence de traitement entre la Corée et l'Irak est flagrante : 
certes elles 'explique pour une part par le fait que la Corée ressortit finalement de la zone d'influence chinoise. Mais au fond, cette détermination n'est pas contradictoire avec les intérêts américains : d'une part l'agitation de la Corée, possédant "sans doute" ou peut-être" des armes nucléaires, renforce le discours américain sur la réalité de la 
prolifération. D'autre part, l'arbitraire de la différence de traitement indique clairement aux pays qui ne sont pas dans la zone "chinoise" (on peut penser à l'Iran par exemple, autre partie de "l'axe du mal") qu'ils doivent compter avec l'éventuelle intervention des américains, où et quand ils le veulent. C'est dire que dans ce jeu de faux-semblants, l'ONU , le conseil de sécurité et les autres instances internationales ne pèsent guère sur les décisions et que le respect des traités est jugé à l'aune de la force des protagonistes : le tohu-bohu qui a accompagné l'annonce coréenne de retrait du traité de non-prolifération ne s'était guère fait entendre quand, il y a un an, le président américain avait dénoncé le traité antimissile balistique, relançant ainsi une course aux armement autrement plus importante que les possibilités de la famélique Corée du nord.

Est-il besoin de dire que les alternatifs ne peuvent accepter cette logique de la force, que la guerre qui vient est une épreuve supplémentaire pour le peuple irakien écrasé par dix ans d'embargo et de bombardements anglosaxons et que si nous nous opposons à cette politique américaine, nous disons également aux responsables français qu'ils auraient bien tort de vouloir insidieusement nous entraîner dans cette folie, car nous n'en voulons pas.

Jean-Paul Hébert

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