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Dernier ajout : 8 août.


  • Appel national
     

    Face à la xénophobie et à la politique du pilori : liberté, égalité, fraternité !

    Syndicats, partis, associations appellent à manifester le 4 septembre

    Une avalanche de discours et d’annonces provocatrices s’est abattue depuis plusieurs jours sur notre pays. Jusqu’au plus haut niveau de l’Etat, on entend des propos qui étaient jusqu’à présent l’apanage de l’extrême droite. Le président de la République, lui-même, montre du doigt des communautés et des groupes sociaux entiers, stigmatise les roms, les gens du voyage, les étrangers, les français qui ne sont pas « de souche », les parents d’enfants délinquants, etc. Ce faisant, il ne lutte en rien contre la délinquance, qui est répréhensible pour tout individu sans distinction de nationalité ou d’origine : il met délibérément en cause les principes qui fondent l’égalité républicaine, alors que déjà une crise sociale et économique d’une extrême gravité menace la cohésion de la société tout entière.

    En quelques jours, les plus hautes autorités de l’Etat sont passées de l’exploitation des préjugés contre les Gens du voyage au lien, désormais proclamé, entre immigration et délinquance, puis à la remise en cause de la nationalité française dans des termes inédits depuis 1945. Ce qui est à l’œuvre dans cette démarche s’inscrit dans une logique de désintégration sociale porteuse de graves dangers.

    Il ne s’agit plus du débat légitime en démocratie sur la manière d’assurer la sûreté républicaine, mais bien d’une volonté de désigner comme a priori dangereuses des millions de personnes à raison de leur origine ou de leur situation sociale. Quelle que soit la légitimité que confère l’élection, aucun responsable politique n’a reçu mandat de violer les principes les plus élémentaires sur lesquels la République s’est construite. Parce que le seuil ainsi franchi nous inquiète pour l’avenir de tous, nous, organisations associatives, syndicales et politiques diverses mais qui avons en commun l’attachement aux principes fondamentaux de la République laïque, démocratique et sociale, rappelons avec force que l’article 1er de la Constitution « assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion », et que toutes propositions qui méconnaîtraient cette règle fondatrice de la démocratie constituent une atteinte à la paix civile.

    Nous n’accepterons sous aucun prétexte que le nécessaire respect de l’ordre public soit utilisé pour créer des distinctions entre les habitants de ce pays et désigner des boucs émissaires.

    Nous appelons donc l’ensemble des citoyens de ce pays à manifester publiquement leur opposition aux stratégies de stigmatisation et de discrimination et aux logiques de «  guerre » qui menacent le vivre ensemble. A cet effet, nous proposerons dans les prochains jours à la signature en ligne un « Appel citoyen » refusant toute politique de la peur ou de la haine. Et nous appelons à un grand rassemblement citoyen à l’occasion du 140e anniversaire de la République, le samedi 4 septembre Place de la République à Paris, à 14h00, et partout en France, pour dire ensemble notre attachement à la liberté, à l’égalité et à la fraternité qui sont et qui resteront notre bien commun.


    AC ! Agir ensemble contre le chômage, Les Alternatifs, Les amoureux au banc public, Association de défense des droits de l’Homme au Maroc (ASDHOM), Association France Palestine Solidarité (AFPS), Association des Marocains en France (AMF), Association nationale des Gens du voyage catholiques (ANGVC), Association républicaine des anciens combattants (ARAC), ATTAC, Autremonde, Cedetim, Confédération française démocratique du travail (CFDT), Confédération générale du travail (CGT), La Confédération Paysanne, La Cimade, Le Cran, Droit au logement (DAL), Emmaüs France, Europe Ecologie, Fédération pour une alternative sociale et écologique (Fase), Fédération des associations de solidarité avec les travailleurs immigrés (FASTI), Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (FNARS), Fédération SUD Education, Fédération syndicale unitaire (FSU), Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR), FNASAT-Gens du voyage, Fondation Copernic, France Terre d’Asile, Gauche unitaire, Groupe d’information et de soutien des immigrés (GISTI), Les Jeunes Verts, Ligue des droits de l’Homme (LDH), Ligue de l’enseignement, Marches européennes, Médecins du Monde, Le Mouvement de la Paix, Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP), le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), le Parti communiste français (PCF), le Parti de Gauche, le Parti socialiste (PS), Réseau d’alerte et d’intervention pour les droits de l’Homme (RAIDH), Réseau Education Sans Frontière (RESF), SNESUP-FSU, SOS Racisme, Syndicat des avocats de France (SAF), Syndicat de la magistrature (SM), Union syndicale Solidaires, Les Verts

    Signez l’appel en ligne !

  • Déclaration commune
     

    Appel à soutien aux expulsés et violentés de la barre Balzac – La Courneuve

    Nous citoyenEs, associations, réseaux, syndicats, organisations, dénonçons les violences exercées par les forces de l’ordre sous l’autorité du Préfet de la Seine Saint Denis, dans la matinée du 21 juillet 2010 , sous la barre Honoré de Balzac, à la Courneuve, à l’encontre de familles sans logis.

    Une vidéo publiée sur internet, et relayée par des médias du monde entier fait la preuve que ces violences ont été exercées à l’encontre et plus particulièrement, de jeunes femmes, de mères avec leur bébé, d’une femme enceinte, avant d’être interpellées et conduites dans des commissariats de police.

    Toute ces personnes expulsées de leur logement le 8 juillet, campaient au pied du bâtiment afin d’être relogées. Elles sont restées pacifiques et non violentes, malgré la brutalité et la précipitation manifeste des forces de l’ordre.

    Cette opération de police a débuté par l’arrestation et la mise en garde à vue d’un responsable du DAL, lequel a été accusé une nouvelle fois de « manifestation non autorisée », et de « refus de dispersion après les sommations d’usage », passibles de 6 mois de prison et de 7500 euros d’amende. Cette nouvelle stratégie policière vise a étouffer les mouvements de défense et de mobilisation des mal-logés et des sans logis.

    Ces actes commis dans un département pilote de la nouvelle politique du chef de l’État semblent annoncer le durcissement annoncé par le chef d’Etat des politiques vis-à-vis des étrangers. Or dans la violence et la confusion de l’évacuation un drame irréparable aurait pu arriver.

    Parce que notre démocratie et notre république seraient défigurées si de tels actes devaient se reproduire, nous demandons que le gouvernement ordonne une enquête et prenne les sanctions et les mesures pour que cela cesse, et suspende le harcèlement judiciaire dont l’association Droit Au Logement est l’objet.

    Signer la pétition en ligne ici

  • Communiqué des Alternatifs du 28 juillet
     

    Jusqu’où iront-ils ?

    Nicolas Sarkozy et son gouvernement sont en grande difficulté. La récente intervention télévisée du Président de la République a été un flop, Eric Woerth reste sur la sellette, les nuages économiques et sociaux s’accumulent.

    Pour tenter de sortie de la nasse, le pouvoir joue un jeu cynique et dangereux en attisant les peurs.

    Nommer de plus en plus souvent des policiers au poste de Préfets, c’est affirmer clairement que l’enjeu de la période qui s’ouvre sera répressif. Et après avoir stigmatisé les quartiers populaires et celles et ceux qui y vivent, accuser implicitement des populations entières, celles des gens du voyage et des Roms, de tendances criminelles, c’est suivre la voie d’une ethnicisation des questions de sécurité.

    Le degré de racisme du personnel politique de Droite n’est pas la question principale, la question centrale c’est la mise en oeuvre d’une politique d’un cynisme absolu, qui ne reculera devant aucune manipulation. Ce cynisme ne garantit en rien la survie de la Droite au pouvoir, mais il contribue à coup sûr à la dislocation de la société, et ouvre la voie aux pires dérapages racistes.

    Isoler et battre Sarkpzy et les siens sur les terrains sociaux, les chasser le plus tôt possible du pouvoir est une œuvre de salubrité publique.

    Jean-Jacques Boislaroussie
    Rachel Lafontaine

    Portes-paroles des Alternatifs

  • Hommage des Alternatifs à l’un des leurs
     

    Jean-Paul Hébert : Jean-Paul, on continue, on lâchera rien !

    Jean-Paul Hébert est mort à l’âge de 64 ans. Jean-Paul, c’est un beau et long parcours militant, du PSU aux Alternatifs, au niveau local, à Rouen, comme au niveau national. Un parcours bien trop court.

    Jean-Paul Hébert était l’un des rares spécialistes de l’industrie de défense, chercheur-militant à l’EHESS, il animait la revue le Débat stratégique. Ses combats étaient ceux des droits humains, dans toutes leurs dimensions, entre autres en soutien au peuple palestinien et au sein de la Ligue des Droits de l’Homme.

    Le militantisme de Jean-Paul était sérieux autant que joyeux. Le brillant intervenant des colloques, le fin politique, était un homme enjoué. Auteur d’ouvrages pour la jeunesse, membre fondateur et parolier incontournable de la Choral’ternative de Rouen.

    Nos pensées vont à sa famille, à ses proches, et aux camarades des Alternatifs de Haute-Normandie.

    Jean-Paul, on continue, on lâchera rien !

    Jean-Jacques Boislaroussie

    Message de la famille de Jean-Paul

    Aux amis de Jean-Paul,

    Nous nous retrouverons pour une célébration autour de Jean-Paul le samedi 24 juillet à 11h à l’église Notre Dame de la Miséricorde de Mont-Saint-Aignan,

    Aux fleurs et aux couronnes, Jean-Paul préférait un don à l’Institut Pasteur qu’il soutenait. Une boîte pour les dons et un registre seront à votre disposition. Nous ne manquerons pas d’y mettre tous vos messages de soutien qui lui allaient droit au cœur ; cœur qu’il avait si gros pour nous et qui n’a pas été suffisant pour lui permettre de continuer son combat pour la vie et pour un monde meilleur.

    L’inhumation aura lieu à Fécamp, sa plus belle ville du monde, lundi 26 juillet à 15h au cimetière.

    Les délais étant courts et afin de n’oublier personne, merci de diffuser l’information aux personnes concernées qui auraient pu ne pas lire leurs mails.

    La famille de Jean-Paul.


    Nous publions ci-dessous quelques-uns des nombreux messages d’hommage à notre ami et camarade Jean-Paul Hébert, à commencer par celui de la Ligue des Droits de l’homme dont il était aussi un infatigable militant.

    Ligue des Droits de l’Homme

    "Notre ami Jean-Paul Hébert est mort mercredi 21 juillet. Son cœur, dont nous connaissions la force et la générosité, n’a pas résisté aux suites d’une lourde intervention chirurgicale traitant un cancer du poumon. Ses obsèques auront lieu à Mont-Saint-Aignan (76) samedi 24 juillet à 11 heures.

    Depuis des mois, Jean-Paul nous donnait avec humour et sans jamais se plaindre des nouvelles de son combat contre la maladie. Cet humour fait d’une part de lucidité sur ce qui restait à faire, d’autre part d’optimisme sur nos capacités à le faire, il l’aura fait vivre jusqu’au bout de son courage. Membre du Comité central, et jusqu’en 2008 du Bureau national, il aura constamment allié une chaleureuse humanité dans la camaraderie militante et un goût du débat et de la rigueur dans l’argumentation qui nous interdisait de baisser la garde. Qui ne se rappelle la manière ferme et amicale dont ses présidences de séances d’examen des résolutions clôturaient nos congrès ? Qui pourrait avoir oublié que sans l’opiniâtreté et la conviction de Jean-Paul nous n’aurions pu rêver de la formidable réussite de la souscription militante pour la rénovation de notre siège ?

    Mais chacun se souvient aussi de son émotion tremblante de rage lorsqu’une déclaration, un fait ou une dérobade le touchait au plus profond de ses convictions. Jean-Paul, c’était une présence humaine, physique, au service de nos idées, l’assurance que nous garderions constamment présent à l’esprit le sort des opprimés et des réprouvés, le poids de quarante-cinq années de travail pour les droits de toutes et de tous. Et c’était aussi cette voix puissante, cette inépuisable réserve de chants révolutionnaires et militants qui manquera désormais cruellement à nos moments de joie et d’amitié partagées.

    Voici le dernier message reçu sur la liste de diffusion « santé JPH » qu’il avait lui-même animée depuis quelques mois : « Malgré les premiers résultats optimistes après son opération, malgré sa volonté de vivre et son courage, qui ne l’ont jamais quitté, le cœur de Jean-Paul n’a pas résisté aux suites de l’opération. »

    Qu’Elisabeth et ses fils Pascal, Benoît et Pierre sachent notre peine, profonde, et la dette que nous avons envers ce passeur d’espoir et ce compagnon fraternel. Jean-Paul était un vrai militant, comme il y en a très peu. C’était un ami proche, c’était surtout un homme debout. Gardons-le ainsi dans notre mémoire".


    Louis Aminot

    "Jean-Paul Hébert est mort… Spécialiste des questions de Défense et de l’Armement, militant pour la Paix et le désarmement (Nucléaire), du PSU aux Alternatifs, Jean-Paul était en tête de toutes les études et recherches sur le réel de l’industrie mondiale de l’Armement qui légitimaient nos combats progressistes. J’étais vraiment heureux le jour où, à force d’insistance, je réussis à le faire venir à Brest…

    Avec le regretté Maurice Najman, avec son fidèle ami, Alain Joxe, avec Aline Archimbaud (Verts), Bruno Barrillot (CDRPC), Ben Cramer, Bernard Ravenel (MDPL), Jean Brugié, Bernard Dréano, Gilbert Wassermann, Patrick Silberstein, et plein d’autres camarades et amis(es), il avait encouragé, dès le lendemain de la campagne Juquin pour les présidentielles de 1988, ma proposition de création de l’Université Européenne de la Paix à Brest… association d’éducation populaire qui continue son bonhomme de chemin.

    Respect et fraternité,

    Condoléances à son épouse Elisabeth, à ses fils Benoit, Pierre, Pascal,

    Fraternité aux Alternatifs",


    Denis Sieffert

    "Nous avons appris le décès de notre ami Jean-Paul Hébert. Jean-Paul a, semble-t-il, été victime d’un accident cardiaque à la suite de l’opération qu’il venait de subir pour éradiquer un cancer du poumon. Il avait abordé l’épreuve de la maladie et de l’opération avec humour auquel il donnait libre cours dans un bulletin de santé qu’il adressait à ses amis. Le choc est d’autant plus grand pour nous tous. Il fut président de l’association« Pour Politis » en 2009 jusqu’à l’AG de février dernier où il renonça pour faire face à la maladie.

    Au-delà même de l’aide qu’il nous avait apportée pendant cette période, Jean-Paul était un grand ami de Politis dont il avait tous les numéros depuis le premier. Il partageait, pour l’essentiel, les idées et les principes que nous défendons. Au-delà de cette communauté d’idées, de cette même aspiration à la justice sociale et à la justice tout court, nous avons apprécié chez Jean-Paul sa culture, et particulièrement ce goût devenu rare pour la littérature populaire, et les chants de la tradition ouvrière qu’il faisait vivre avec sa chorale qui nous réjouissait tant. Mais, Jean-Paul était aussi, aux côtés, d’Alain Joxe, un grand spécialiste de stratégie internationale, et de problèmes de défense. Le pacifiste ardent qu’il était savait, mieux que quiconque, de quoi il parlait. A Elisabeth, son épouse, et à ses trois fils, l’équipe de Politis exprime toute son amitié. Politis rendra hommage à Jean-Paul dans son numéro du 26 août".


    Bernard Langlois

    "Un pacifiste … spécialiste de l’armement. Et surtout, un ami de Politis.

    Il faisait un drôle de métier, cet économiste aux convictions non-violentes affirmées, qui s’était spécialisé dans l’étude des industries d’armement. Chercheur à l’EHSS, il était aussi membre du CIRPES (Centre interdisciplinaire de recherche sur la paix et d’études stratégiques) [1], aux côtés de son ami Alain Joxe.

    Il était surtout pour nous ce militant de toujours d’une gauche alternative mûrie au PSU de la grande époque et toujours vivace aujourd’hui ; et l’indéfectible ami de notre journal, où il avait accepté la responsabilité de présider l’Association de soutien, avant que la maladie ne le conduise à passer la main [2].

    Il était encore, sous le pseudo d’Hector Hugo ( !), un écrivain plein d’humour qui revisitait, à l’intention des jeunes générations, les chefs d’œuvre de la mythologie grecque.

    Il était enfin (je suppose qu’il l’est resté jusqu’au bout) de ces chrétiens fidèles à l’Evangile, qui puisent dans leur foi des raisons de se battre contre un monde d’injustices et de scandales …

    Il avait 64 ans.

    Une crise cardiaque, après une opération du poumon qui s’était plutôt bien passée, l’enlève à l’affection de sa famille, et nous pensons très fort à elle ce soir".


    Jean Guisnel

    "L’économiste et chercheur à l’École des hautes études en sciences sociales Jean-Paul Hébert est décédé la nuit dernière à l’âge de 64 ans, apprend-on auprès de sa famille. Atteint d’un cancer, il n’a pas survécu à une intervention chirurgicale. Plein d’humour, il regrettait, dans le dernier bulletin de santé qu’il avait fait envoyer par son épouse à ses amis juste après l’intervention, de n’avoir pas trouvé de blague à ajouter au message.

    Auteur de nombreux livres et d’articles spécialisés sur les industries et la production d’armements, ancien membre de la Commission nationale pour l’élimination des mines antipersonnel, ancien membre du Conseil économique de la défense, il était, depuis juin 2006, secrétaire général adjoint de la Ligue des droits de l’homme. Cet homme éclectique et plein d’humour, engagé durant toute sa vie dans la "deuxième gauche", gravitant naguère autour du PSU, était un catholique convaincu, promoteur ardent de l’oeuvre de l’écrivain Jean Sulivan. Il était lui-même auteur inspiré de romans drolatiques pour enfants, sous la signature de Hector Hugo, aux éditions Syros.

    Membre de l’équipe d’Alain Joxe au Cirpes (Centre interdisciplinaire de recherche sur la paix et les stratégies), Jean-Paul Hébert était l’animateur de la revue du centre, Le Débat stratégique, et nous faisions souvent appel à ses compétences pour éclairer des points complexes de l’économie de la défense, comme dans cet article ou bien dans celui-ci, pas plus tard que le mois dernier".


    Groupe des Elu-e-s Communistes de Rouen

    Hommage à Jean-Paul Hébert

    Économiste et ingénieur de recherche à l’École des hautes études en sciences sociales (Ehess), militant des Alternatifs, notre ami Jean-Paul Hébert est décédé dans la nuit de mercredi dernier, après avoir mené une longue lutte contre la maladie. Ancien membre de la Commission nationale pour l’élimination des mines antipersonnel, ancien membre du conseil économique de la défense, il fut aussi secrétaire général adjoint de la Ligue des droits de l’homme. Membre de l’équipe du Centre interdisciplinaire de recherche sur la paix et 
les stratégies (Cirpes), spécialiste des questions de défense et de l’armement il militait pour la paix et le désarmement nucléaire.

    Par son engagement au sein des Alternatifs , il était présent dans tous les combats pour les droits de l’homme notamment celui en faveur de la cause du peuple Palestinien. Engagé dans les collectifs pour l’union de la gauche anti-libérale , il agissait en faveur du rassemblement d’une gauche offrant une alternative de transformation sociale et écologique . Avec d’autres acteurs du mouvement syndical, social et politique il venait de participer à la création de la nouvelle revue Les Temps Nouveaux dont la parution annoncée en aout ambitionne de travailler au renouveau de la pensée critique du capitalisme et à la reconstruction d’une perspective d’espoir.

    Actif dans tous les combats locaux et nationaux contre la politique de la droite et du capital, il participait il y a quelques semaines encore au Meeting unitaire rouennais à la Halle aux Toiles pour le maintien de la retraite à 60 ans à taux plein.

    Ceux qui l’on cotoyé garderons de lui l’image d’un homme engagé pour le progrés humain , fidèle a ses convictions autogestionaires, unitaire, ouvert et jovial.

    Le groupe des élu-e-s communistes de Rouen salue l’homme et le militant. Il s’associe à la douleur de sa famille et de ses proches et leur présente toutes ses condoléances.


    Roger Winterhalter

    Je viens de prendre connaissance du départ de Jean-Paul, et…je suis littéralement bouleversé. Par ces quelques mots je tiens à dire à son épouse et à ses enfants que du fond du coeur je partage votre peine. Il était pour moi le symbole du militant qui croit à ce qu’il dit et…le fait. Faut-il rajouter que je me sentais proche de lui et je me reproche de ne pas lui avoir dit de son vivant.

    Je reste persuadé que la vie et la mort (qui nous attend tous) sont intimement liés et que nous sommes et resterons vivants à travers les liens que nous avons tissés autour de nous. Jean-Paul était de cette espèce de Tisseurs de Liens, voilà pourquoi il restera présent avec nous.


    Bruno et Florence de Nice

    L’un connaissait Jean-Paul depuis bien longtemps, l’autre plus récemment Nous avions pour lui beaucoup d’affection, de sympathie et d’estime
    Ce qui était frappant chez Jean-Paul, c’était à la fois son sérieux, sa culture, sa curiosité d’esprit, son goût du débat et de la controverse, et son humour qui permettait de donner de la légèreté à ce qui est grave, y compris dans les moments difficiles
    La disparition de Jean-Paul va laisser un grand vide, non seulement pour ses proches et sa famille mais pour tou-te-s les camarades des Alternatifs qui auront eu la chance de l’avoir connu et rencontré, et qui auront appris à ses côtés

    A ses proches, à sa famille et en particulier à ses fils, amitiés et solidarité


    Eric Coquerel, secrétaire national du Parti de Gauche

    Cette nouvelle me rend extrêmement triste.
    J’ai appris le cancer de jean-Paul par lui même à Rouen lors du récent meeting sur les retraites. Il est vrai qu’il ne pouvait pas le cacher vu que sa chevelure n’était plus. Mais son sourire lui était toujours présent et il se pensait tirer d’affaire. Jean-Paul était fécampois comme toute ma famille ce qui était un lien de plus. Nous perdons tous un mec bien et un militant de valeur qui était loin de nous avoir tout apporté Quand je dis nous je pense à ceux qui ne se résignent pas à transformer le monde comme lui manifestement ne s’était pas résigné au cancer. Pourvu que nous soyons un jour plus efficace contre le capitalisme. J’adresse toutes mes condoléances aux camarades des alternatifs qui le pleurent surement et à sa familles et ses amis de Fécamp et de Normandie.


    Pierre Laporte, membre de l’éxécutif de la FASE

    Avec Jean Paul nous perdons tous un militant des droits de l’homme , un chercheur-militant pour la paix, un militant politique dont le parcours depuis des années était bien proche de beaucoup d’entre nous.
    Nous voulons vous assurer de toute notre sympathie. Veuillez transmettre de notre part à ses proches, à ses camarades alternatifs de Rouen.


    Christian Pierrel, du PCOF

    Cher Jean Jacques
    Je viens de lire cette triste nouvelle
    Je l’avais rencontré à plusieurs reprises, à Lyon, à Dunkerque : une soirée inoubliable de camaraderie de celle qui se forge dans les convictions partagées et dans les moments de franche rigolade.
    A sa famille, à ses amis, à vous, ses camarades, nos plus sincères amitiés et, comme tu le dis si bien, "on ne lâchera rien" !
    Pour le PCOF


    Michelle Ernis, Christian Picquet, Francis Sitel pour Gauche unitaire

    C’est avec beaucoup de tristesse que nous apprenons le décès de Jean-Paul Hébert, militant et responsable des Alternatifs. Nous saluons la mémoire de ce camarade, lutteur courageux, toujours mobilisé, avec toute son énergie, ses capacités intellectuelles et sa joie de vivre, au service des multiples justes causes. En particulier, pour la défense des droits de l’homme, la mobilisation pour le « non de gauche » au Traité constitutionnel européen, contre la guerre en Irak, et plus généralement pour le désarmement, dans le soutien au peuple palestinien… C’est avec ce même courage qu’il avait engagé le combat contre une maladie qui, jusque-là, n’était pas parvenue à suspendre son inlassable militantisme.
    En ce moment douloureux, que sa famille soit assurée de notre affection.
    C’est hélas privés de la présence et des qualités de Jean-Paul qu’il va falloir continuer les combats qui nous étaient communs…
    Le 23 juillet 2010


    Jean-Laouis Le Bouhris

    Au risque de répéter certains messages, la mort de Jean-Paul me touche beaucoup. Il incarnait la fraternité , ce mélange de générosité et de convivialité.
    En ces temps difficiles ses qualités nous manquent déjà.
    Pensées à toute la fédération 76.
    Amicalement
    Jean-Louis


    Josiane et Jean Louis Pérès

    Nous avons appris avec une grande tristesse le départ de Jean-Paul. Nous ne l’avons pas connu bien longtemps mais nous avons eu l’occasion d’apprécier la force de son engagement militant de toute une vie, son grand mérite de travailler sur un domaine, la défense, qui mobilise peu notre mouvance politique et qu’il nous appelait, nous pacifistes, à ne pas négliger, sa capacité à trouver ce qui réunit. Et aussi sa grande convivialité, sa joie de vivre, la foi qu’il avait dans l’homme sans doute parce qu’il croyait au ciel.
    Nous avons eu une pensée émue pour lui hier et nous penserons trés fort à lui demain de notre lointain Gers, au moment de son inhumation dans sa plus belle ville .
    Bon courage à tous


    Janie Arnéguy

    Chers Hébert, chers Amis, chers Alter,

    J’étais absente de Nîmes et ne peux m’exprimer que ce jour.
    Très, très grande , immense tristesse.
    Tout d’abord un grand message à toute la famille de Jean -Paul de la part de la Fédé 30 des Alters. Toutes celles et tous ceux qui ont connu Jean -Paul dans les UDT, anti G…, +++ éprouvent une grande peine à l’annonce de sa disparition, lui le roc , le toujours souriant et accueillant, entrainant tous dans son enthousiasme, ses convictions. Un vrai militant, avec des vraies valeurs qu’il a su transmettre à sa grande famille.

    En ce qui me concerne, à l’UDT je parlais encore de la chorale avec Benoit et dans la voiture nous écoutons souvent, en chantant, le disque .. Jean-Paul c’est la force de conviction, les idées claires, un engagement militant au quotidien, dans tous les domaines. Et aussi la joie, le sens de l’accueil.
    Oui, je penserai/ nous penserons/ à lui, ce matin et encore très longtemps. Je le savais malade mais, il avait confiance, donc nous avions aussi confiance.
    Jean-Paul celui dont la voix réchauffe le coeur, salut.
    A son épouse, à ses 3 fils, que j’apprécie beaucoup, à leurs compagnes, à ses 3 petits enfants(bientôt 4), à toute sa belle famille qui chantait si bien autour de lui lors de l’UDT de Rouen , à tous et toutes nos meilleures pensées.
    Amitiés , Janie et les Gardois.


    Alain et Nathalie Marcu

    "Adieu camarade, adieu noble coeur"… mais il faut aussi écrire noble choeur.

    "Les meilleurs des nôtres sont mort dans la lutte"

    C’est le poing levé et le prochain verre que ces paroles que nous n’avions jamais chantée ensemble me viennent….
    Nathalie et moi vous envoyons toute notre amitié et partageons votre peine.

    Un grand moment de fraternité au repas de fin d’université d’été à Auch.

  • La Villeneuve de Grenoble en état de siège

    Témoignages de militants-habitants du quartier

    Le quartier "populaire" de Grenoble appelé la Villeneuve est depuis la nuit du 16 au 17 juillet en état de choc. La mort d’un jeune du quartier abattu par la BAC au pied de son immeuble à la fin d’une course-poursuite après le braquage d’un casino a déclenché une révolte violente avec des incendies de voitures, des accrochages avec la police et un quadrillage du quartier depuis quatre jours par 300 CRS et le GIPN appelés en renfort. Nous vous donnons à lire deux réactions d’habitants engagés dans le quartier à méditer après notre Université d’Été consacrée cette année en particulier au thème "Quartiers populaires et « classes dangereuses » dans le collimateur".

     Mes réactions/mon analyse par Jo Briant, militant des Alternatifs

    Dimanche 18 juillet- 23H15- Villeneuve : 3ème nuit d’état de siège après la mort de Karim, jeune du quartier de l’Arlequin de la Villeneuve, tué par balle suite à un tir en pleine tête d’un policier, alors qu’il revenait d’une opération de braquage au Casino d’Uriage. Bruit assourdissant d’hélicoptères qui survolent et illuminent le quartier, omniprésence policière avec plusieurs unités de forces mobiles du Raid et du GIPN (ils seraient au moins 300 !).

    Venant du centre ville j’ai eu droit comme tous les habitants rentrant chez eux en voiture à un barrage et à une fouille systématique de mon véhicule. Place du marché je croise une famille dont les enfants crient apeurés…

    Deux jours durant j’ai sillonné le quartier pour constater les dégâts – voitures calcinées, abris bus caillassés..- mais surtout pour rencontrer et écouter les habitants. Réactions certes contrastées qui vont d’une condamnation sans nuances d’une « minorité de jeunes » qui « foutent la merde » et « empoisonnent la vie » du quartier, en brûlant notamment les voitures de leurs voisins de coursive qui en ont tant besoin, à une condamnation tout aussi catégorique de la police qui « a tué sciemment, par racisme, le jeune Karim », en passant par ceux/celles qui mettent tout sur le dos d’une éducation parentale défaillante… Mais tous sont envahis par un sentiment d’écrasement, d’impuissance et de désespoir face à des événements qui vont enfoncer encore davantage le quartier dans la stigmatisation et la souffrance sociale…

    Au-delà des faits, ce que je veux dire, ce que je veux crier, avec d’autres habitants, au-delà de ma colère :

    1. L’approche et le traitement exclusivement sécuritaires de ce type de « fait divers sont aberrants, surtout avec tout ce déploiement et cet arsenal « anti-terroriste » et guerrier. Depuis plus dix ans la police dite de proximité n’existe plus à la Villeneuve, les policiers n’ont plus aucun contact avec la population, sa seule apparition, sa seule visibilité étant réduite à ces irruptions aussi brutales, massives, spectaculaires qu’aberrantes qui ne peuvent provoquer que haine et volonté d’en découdre. Un type d’approche et de « traitement anti-criminalité » qui ne peuvent que dégrader toujours plus l’image et la perception de ce quartier.
    2. Les causes ? Il est tentant, et si facile, de désigner une « minorité de jeunes » qui seraient à la base de l’économie parallèle, du trafic de drogue et des incendies réguliers de voiture. Explication réductrice et paresseuse qui évite de se poser les vraies questions : comment expliquer que le quartier de la Villeneuve, dont la création remonte aux années 72 sur la base d’une utopie collective qui a effectivement été essayée et réalisée partiellement jusqu’aux années 90, se soit à ce point« ghettoïsé », appauvri, dégradé à ce point ? Pourquoi cette concentration progressive d’une population de plus en plus précarisée, en grande majorité d’origine immigrée, en état de grande souffrance économique et sociale, notamment les jeunes dont au moins 50% sont sans emploi et sans aucune perspective ? Avec la fuite parallèle d’une proportion significative de la classe moyenne intellectuelle, dont je fais partie, dont beaucoup d’éléments n’ont pu supporter cette dégradation ?
      Les causes sont certes nombreuses, mais pour l’essentiel il faut citer le projet architectural de départ qui, malgré nombre d’équipements socio-culturels d’accompagnement, créait bel et bien les conditions d’un ghetto, la politique urbaine de la Ville de Grenoble qui a privilégié la création en région grenobloise de secteurs d’emploi à « valeur fortement ajoutée » faisant appel à des ingénieurs, cadres supérieurs…ce qui a eu pour conséquence une augmentation notable du prix du m2 et des loyers au centre ville et de raréfier les logements sociaux accessibles aux classes populaires. Avec l’absence d’une politique volontariste de maîtrise du montant des loyers. Il faut ajouter une cause structurelle plus déterminante : la panne de l’ascenseur social, la montée massive du chômage, la précarisation croissante des jeunes, l’accentuation de la ségrégation urbaine, autant d’effets directs du capitalisme néo-libéral, avec des effets particulièrement dévastateurs dans des quartiers populaires comme celui de la Villeneuve.
    3. La solution, même si elle peut être intéressante, ne saurait se réduire, comme le réclame Michel Destot, maire de Grenoble, à un « Grenelle de la Sécurité ». Oui, certes, à un rétablissement de la police de proximité, oui à une rupture avec ces opérations spectaculaires et terrorisantes qui ne font gu’aggraver le mal… Mais l’essentiel n’est pas là. C’est bien à toute une politique économique, sociale, urbaine secrétée par un système capitaliste et un libéralisme destructeurs et profondément inégalitaires, qu’il faut s’attaquer. Ainsi qu’à des logiques sociales et urbaines discriminatoires et, disons-le, racistes. Si un tel fait divers, aussi tragique soit-il ; s’était produit dans un quartier du centre ville, ou à Meylan, ou encore à Seyssinet, aurait-on envoyé tous ces « Robocop », ces centaines de policiers sur-armés, avec hélicoptères, aurait-on procédé à un encerclement systématique de ces quartiers, à des barrages, à des fouilles systématiques des véhicules et des personnes ? On ne pourra pas empêcher les habitants de la Villeneuve de penser que des dispositifs aussi guerriers et terriblement traumatisants, humiliants sont précisément arrêtés pace qu’il s’agit d’un quartier à forte composition immigrée. Je le dis avec colère et conviction : ce type de « traitement » est l’illustration bien réelle d’un rejet, d’une stigmatisation, d’une discrimination qui ne disent pas leur nom. La population de la Villeneuve, notamment les jeunes, comme celle des quartiers populaires, comme celle de Villiers le Bel ou de Saint Denis en région parisienne, sont bel et bien victimes d’une triple discrimination, sociale, économique et raciste. Tant qu’on ne s’attaquera pas à ces racines d’une exclusion terrifiante et dévastatrice, on ne fera au mieux que différer des explosions de plus en plus inévitables.
    4. J’ajoute, pour ne pas terminer sur une note exclusivement négative, que nous sommes un certain nombre de militants qui vivons sur ce quartier, qui apprécions fortement cette richesse sociale et multiculturelle, même si elle est nettement moindre qu’il y a vingt ans, déterminés à y rester, à maintenir à tout prix le contact avec une population en état de très grande souffrance psychologique et sociale, à créer les conditions d’un mieux vivre ensemble, sans oublier les causes socio-économiques et politiques. Un défi qui peut paraître insensé voire suicidaire mais auquel il est hors de question de renoncer.

    Jo Briant, 18 juillet 2010


     Villeneuve, la vie sous les hélicos par Alain Manac’h Président de la Maison des habitants de la place des Géants de la Villeneuve (Grenoble)

    Y a deux mecs, des bandits, des gangsters, pas des petits voyous mais des gars qui ont de l’expérience, diplômés par les séjours en prison. D’ailleurs ils sont déjà fichés pour des coups tordus, des braquages. Ils sont en manque de quelque chose, sans doute d’une raison de vivre, mais laissons cela : pour l’instant ils manquent de tunes. Comme on dit à cette époque de l’année, il faut assurer les vacances. Ceux-là n’ont pas l’envergure de monter un gros coup. Uriage, un casino, les touristes sont là et donc y a du blé. Ils s’arment en « guerriers », avec des gros trucs méchants. Quand on part ainsi, c’est qu’on est prêt à tout.

    Ils ont sorti 20 000 euros, autant dire rien, une fois qu’ils auront payé les faux frais de ce genre de connerie. Bon. Et puis de toute façon, rien ne marche. Ils sont pris en chasse par la police. Pas la gendarmerie ni la petite police, NON, c’est la BAC (Brigade anticriminalité). Les mecs sont dangereux, la BAC aussi. Le reste est un jeu vidéo mais réel. Je n’y étais pas, mais je vois la scène. Evidemment, nos deux gros cons de braqueurs rentrent au quartier, les flics font des barrages et je vous passe les détails du rodéo. Après avoir blessé un flic, l’un des deux se fait descendre d’une balle dans la tête au pied de chez lui. Dans une tour de mon village urbain.

    Les flics savaient qu’ils étaient armés, prêts à tout, à mettre en jeu quinze ans de trou pour un braquage. Pourquoi ne pas faire plus classique, plus fin ? On piste, on suit et on interpelle, on calme le jeu. Pour 20 000 euros, prendre le risque de mettre le feu aux poudres dans un village si compliqué ? Eh bien, si. Ce mort a foutu la merde dans mon village. Pour moi les flics n’ont pas fait correctement leur travail, ce ne sont pas des bons professionnels ou alors ils ont des ordres. Ils ont réussi à faire bouger une soixantaine de jeunes, ni bandits, ni gangsters, mais qui aiment s’affronter aux flics. Les dealers, pas fous, ne veulent pas se faire piquer pour une bagnole en feu.

    Les jeunes de mon village, eux, sont trop heureux d’en découdre, d’avoir des ennemis. Ils mettent le feu, quelques-uns qui ont des armes les sortent et tirent. Cela fait combien de temps qu’on dit qu’il y a des armes dans les maisons ? Voilà, on y est : les gars de la BAC ont fait la liaison entre le grand banditisme et les jeunes de mon village. La petite racaille est contente. La presse est contente. Monsieur Hortefeux est content. Il bombe le torse, rajoute 150 CRS, puis le GIPN puis des hélicos avec des gros projos qui tournent au-dessus de mon village. Le temps qu’il faudra ! Et voilà maintenant, mon village, c’est Kaboul ! J’exagère évidemment, mais comment on va « soigner » ça après. Pauvre éducation populaire.

    Et alors maintenant ? Comment on fait ? Les enfants du centre de loisirs de la Maison des habitants ont entendu, cette nuit encore, les hélicoptères. Ils voient les 300 mecs postés aux frontières du quartier. Les animateurs du centre de loisir, qu’on a de plus en plus de mal à embaucher, subissent la pression de leurs parents (qu’est-ce que tu fous dans ce quartier ?) et celle des gamins hyper tendus ! Qu’est-ce qu’on fait ? Qu’est-ce qu’on fait du projet éducatif qu’on développe ? Qu’est-ce qu’on fait de la batucada qu’on monte avec les gamins ? Quid des jeux éducatifs, des activités de découverte nature ? Des camps machins, et des ateliers artistiques bidule ? Quid du travail avec les mères de famille, quid des « sorties vacances » avec les familles qui ne sortent jamais ? Quid de la rencontre avec les jeunes adultes, avec leurs pères désemparés ?

    Cela fait des années et des années qu’on montre notre désaccord sur ce qui se passe sur ces « villages » et qu’on hurle qu’il faut mettre des animateurs, des éducateurs en nombre et formés. Mais aussi, et cette voie n’a jamais été tentée sérieusement, qu’on soutienne d’une manière ou d’une autre l’engagement des habitants, l’engagement bénévole. Tiens, ce bon vieux machin qu’il serait bon de ressortir des tablettes du passé. Je sais que c’est difficile. Il faut prendre cet engagement pour ce qu’il est, accepter la complémentarité si nécessaire entre les professionnels de tout ordre, oui, et la police aussi, évidemment. Mais s’il vous plaît : pas d’opération de communication. Cela fait des années qu’on nous rétorque qu’il n’y a plus de moyens et que le socioculturel sera en franc constant. Pas un centime de plus : nous, comme des crétins, on est content car il n’y a pas de centimes en moins.

    On voudrait appeler à la raison, au bon sens, aux bons choix. Qu’on cesse par exemple de déverser des tonnes de neige dans le centre de Grenoble pour une manifestation idiote, mais qui se voit bien. Et qui coûte au bas mot le prix de 40 animateurs pendant un an.

    Alain Manac’h, 19 juillet 2010

  • L’université d’été des Alternatifs s’est achevée le lundi 12 juillet

    à la Bourse du Travail de Saint Denis

    L’Université d’été des Alternatifs 2010 avait lieu dès le début des vacances scolaires et en Ile-de-France : pari ambitieux..
    Du 9 au 12 juillet, les 160 adhérenEs et sympathisantEs Alternatifs inscritEs, mais aussi des membres d’associations amies, ont travaillé sur le thème "Racisme, discriminations, exclusions, héritage colonial : quartiers populaires et « classes dangereuses » dans le collimateur".

    Les nombreux ateliers et séances de travail ont permis d’approfondir des questions très diverses, formes de racisme dominantes aujourd’hui en France, enjeux éducatifs dans les quartiers et milieux populaires, héritage post-colonial, oppressions de genre, de classe, d’origine, luttes des sans papiEres, luttes émancipatrices des femmes, la colonisation dans les manuels scolaires, le droit de vote des étrangerEs non-communautaires, la guerre contre les cités populaires, violences policières et classes dangereuses, langues et cultures minorisèes, entre autres….

    Débats rassemblant plus d’une centaine de personnes ou ateliers plus restreints ont contribué à une avancée collective : il ne s’agissait pas de commenter, mais de prendre enfin pleinement en compte des enjeux le plus souvent encore objectivement "périphériques" pour les organisations de la gauche de gauche. La place de l’héritage post-colonial dans la grille d’analyse des oppressions a fait l’objet de débats tranchés mais constructifs.

    Le 10 juillet, la soirée politique et musicale avec La Compagnie Jolie Môme et ZEP/MAP fut un temps de bonheur combattif.

    Un débat a permis l’échange entre tous les courants et organisations de la gauche de transformation sociale et écologique, les Alternatifs apportant leur contribution autour d’une triple exigence : aller à la racine des contradictions qu’instrumentalisent les dominants, et qui entravent l’unité populaire, construire celle-ci contre toutes les dominations et discriminations, la construire dans une démarche autogestionnaire.

  • Communiqué du 10 juillet 2010 des Alternatifs
     

    Procès des cinq de Villiers Le Bel

    Motion adoptée par l’Université d’été des Alternatifs

    Réunis à Saint Denis pour leur université d’été, les Alternatifs manifestent leur indignation et leur profonde inquiétude après le verdict du " procès de Villiers Le Bel".
    Ce procès intervenait alors que les conditions du décès de deux personnes suite à une intervention policière ne sont toujours pas éclaircies. Or, c’est le décès de ces personnes qui avait provoqué de violents affrontements.

    15, 12, 9, 3 et 3 ans, les condamnations prononcées à l’encontre de Abderhamane, Adama, Ibrahima, Maka, Samuel résonnent comme un sinistre écho du thème discuté « Quartiers populaires : racisme, exclusions, discriminations, héritage post colonial ».

    Des témoignages sous X, peut être rémunérés, une absence visible de preuves matérielles, un procès sous influence où avant son déroulement les condamnés d’aujourd’hui étaient déjà présentés comme coupables d’intention de tuer dans la presse et dans des déclarations diverses… toutes les conditions de l’iniquité étaient réunies. A-t-on vu depuis que des jeunes sont victimes de la police dans nos cités, des policiers accusés d’intention de tuer ? Et pourtant plusieurs jeunes sont morts sous les balles policières !!

    Nous exprimons notre plus vive inquiétude vis-à-vis d’une justice dont la mission serait d’être garante d’une certaine conception de « l’ordre républicain », celui du racisme, des exclusions, des discriminations dans les quartiers populaires.

    Jean-Jacques Boislaroussie
    Rachel Lafontaine
    Portes-Paroles des Alternatifs

  • Arrêtons le soutien aux dictateurs ! Soutenons les peuples africains !
     

    50 ans de Françafrique, ça suffit !

    Le 14 juillet à Paris, des unités militaires de 14 pays africains défileront sur les Champs - Elysées, au côté des troupes françaises. Convoqués par Nicolas Sarkozy, les chefs d’État, amis de toujours de la France et des réseaux de la Françafrique : les Gnassingbé (Togo), Bongo (Gabon), Compaoré (Burkina Faso), Déby (Tchad), Sassou Nguesso (Congo Brazzaville), Biya (Cameroun) seront présents dans la tribune présidentielle.

    Ceux-là, ainsi que d’autres dictateurs et putschistes, responsables pour certains du massacre d’une partie de leur population et du maintien de celle-ci dans la pauvreté, viendront s’assurer du soutien politique, économique et militaire et de leur enrichissement personnel auprès de leur ancienne puissance coloniale.

    La France qui, durant la colonisation, avait abondamment pillé les ressources et utilisé les peuples comme réservoir de main d’oeuvre, poursuit depuis 50 ans sa politique par tous les moyens, au détriment du développement des pays concernés, ce qui amène de nombreux africains à migrer pour nourrir leurs familles.

    Dans la plupart des pays concernés, les gouvernements de la France ont éliminé ou se sont rendus complices des assassinats de leaders qui ont combattu pour l’indépendance de leur pays comme Patrice Lumumba, Medhi Ben Barka, Félix Moumié, Ruben Um Nyobé, Ernest Ouandié, Thomas Sankara, Sylvanus Olympio, Farhat Hached…

    Les autorités françaises ont mis en place des dictateurs, intégrés dans les réseaux de la Françafrique où ils côtoient l’Etat major de l’Armée, l’Elysée et des grandes entreprises comme Total, Bouygues, Bolloré, ou Areva. De l’Afrique de l’Ouest au Maghreb où Ben Ali et Mohamed VI prospèrent sur le dos de leurs peuples, l’héritage du colonialisme est toujours présent.

    Aujourd’hui encore, la plupart des élections dans ces pays sont truquées, les opposants souvent emprisonnés, parfois torturés ou assassinés, par ceux là même qui défileront le 14 juillet , avec la complicité des autorités françaises.
    A cette politique françafricaine s’ajoute une agriculture exportatrice européenne et la recolonisation des terres qui détruisent les productions locales, accélèrent le réchauffement climatique et contraignent les paysans africains à fuir les campagnes ou à migrer vers l’Europe. Cette « Europe Forteresse » qui fabrique des sans papiers, les exploite et les expulse sous couvert d’accords de réadmission codifiés dans la Directive Européenne de la Honte, au mépris de la Convention Européenne des Droits de l’Homme.

    CONTRE :

    • Le soutien de la France aux dictateurs qui vivent impunément des rapports néocoloniaux au détriment du développement de leurs pays et du bien-être des populations ;
    • La torture, les massacres, les assassinats politiques, les trafics d’armes, et l’impunité de leurs auteurs et de leurs complices ;
    • La vie chère et la hausse des produits de première nécessité en Afrique ;
    • Le pillage du continent par les pays riches par le biais de leurs multinationales, de la Banque Mondiale et du FMI ;
    • L’impunité, la criminalité financière et les paradis fiscaux et judiciaires ;
    • La politique africaine de la France menée par Nicolas Sarkozy et ses prédécesseurs.

    POUR :

    • La démocratie et des élections libres et transparentes ;
    • Le respect des droits humains ;
    • L’annulation de la dette illégitime payée par les peuples africains ;
    • L’accès de tous à l’alimentation, à l’eau, à la santé, à l’éducation, à l’emploi, à l’habitat, et à la justice ;
    • Une vraie mobilisation contre le Sida et le paludisme ;
    • La régularisation de tous les Sans Papiers : Grévistes en lutte depuis 8 mois et Marcheurs partis de Paris le 1er Mai pour aller interpeller les dictateurs africains réunis à Nice le 31 mai, tous ensemble unis et déterminés dans un combat commun ;
    • La fermeture des bases militaires françaises en Afrique et l’arrêt de l’aide militaire et policière française aux dictateurs sous couvert d’Aide Publique au développement.

    Nous, organisations françaises et africaines, exigeons un partenariat entre l’Europe et l’Afrique pour le développement et l’émancipation de l’Afrique hors de la tutelle du gouvernement français.

    Manifestons contre la Françafrique !

    Place de la République (Angle du Bd Magenta), Paris, le 13 juillet, à 18 h.

    Premiers signataires : Sortir du Colonialisme, Survie, Union des Populations du Cameroun, CODE (Collectif des Organisations Démocratiques et Patriotiques de la Diaspora Camerounaise), CNR‐MUN (Conseil National pour la Résistance‐ Mouvement Umnyobiste Cameroun/Allemagne), Mouvement panafricaniste de Munich (AK Panafrikanismus München), Fédération des Congolais de la Diaspora (Congo‐Brazzaville), ACTUS / prpe ( Tchad), CAAC Comores, Attac Gabon, PCOT, FTCR (Tunisie), La Voie Démocratique (Maroc), Comité pour le Respect des Libertés et des Droits Humains au Sahara Occidental (CORELSO), Collectif Gazy Tia Tanindrazana (GTT, Madagascar), ARD (Alliance Républicaine pour le Développement, Djibouti), Uguta‐Toosa (Djibouti), AFASPA, MRAP, Droits Devant, CEDETIM, IPAM, ACCA ‐ Agir aujourd’hui contre le Colonialisme, Afriques en lutte, Respaix Conscience Musulmane (RCM), Réveil des Consciences, « 93 au coeur de la République », L’Association Culturelle des Travailleurs Immigrés de Turquie (ACTIT), FASTI, Anges Gardiens du Gabon, Plate Forme de Veille et d’Actions pour le Gabon, Ministère de la Régularisation de Tous les Sans papiers, CNT, Union Syndicale Solidaires, les Alternatifs, NPA, Parti des Indigènes de la République (PIR), FASE, Parti de Gauche, PCF, Les Verts

  • Du 9 au 12 Juillet 2010
     

    Université d’été 2010 des Alternatifs

    Racisme, discriminations, exclusions, héritage colonial : quartiers populaires et « classes dangereuses » dans le collimateur

    L’Université d’été 2010 aura lieu du 9 au 12 Juillet 2010 à la Bourse du Travail de Saint-Denis.

    Le thème retenu est :
    Racisme, discriminations, exclusions, héritage colonial : quartiers populaires et « classes dangereuses » dans le collimateur

    MODE D’EMPLOI

    L’université d’été des Alternatifs aura lieu cette année du 9 au 12 juillet à la Bourse du travail de Saint Denis (Seine-Saint-Denis). 9 Rue Génin, 93200 Saint Denis Métro station Saint Denis-Porte de Paris ligne 13. L’accès à tous les débats et ateliers de l’Université d’été des Alternatifs sera, bien entendu, libre. Seule exception, la soirée festive du samedi 10 juillet, avec la Compagnie Jolie Môme et Zone d’Expression Populaire/Map pour laquelle une participation aux frais d’un montant de 5 euros sera demandée.

    Notre volonté n’est pas de "commenter", mais de contribuer à une construction politique solidaire, cette volonté s’exprime dans le programme des débats et ateliers.

    Premier éclairage sur les travaux de l’Université d’été 2010 des Alternatifs. Bienvenue à toutes et tous.

    Vendredi 9 juillet à partir de 13h 30 - accueil

    16 H Séance plénière introductive. Les quartiers populaires : état des lieux et mise en perspective politique

    Kamel Tafer ( MQJS), Nabil Kaskousi (FSQP), Alain Bertho, Guy Giani ( Les Alternatifs )

    20 h 30 Débat-Film LUTTES DES SANS PAPIERS


    Samedi 10 juillet

    9 H - Séance plénière. Racisme : quelles formes dominantes aujourd’hui en France

    Malik Salenkour (vice-président de la LDH ) Mohamed Mechmache (assocaitiaion AC Le Feu ) un-e représentant-e du MRAP

    11 H 15

    Atelier 1 - Les quartiers populaires ; état des lieux

    ( intervenant-e-s de la plénière )

    Atelier 2 - Racisme : quelles formes dominantes aujourd’hui

    (idem)

    Atelier 3 - La condition noire en France

    Pap N’diaye

    Atelier 4 - Les jeunes et la politique dans les quartiers populaires

    Maryline Poulain ( Autre Monde), Evelyne Perrin

    Atelier 5 - Quelles réponses éducatives dans les quartiers populaire

    Commission Education des Alternatifs

    14 H 30 - Séance Plénière. L’héritage colonial : quels enjeux et quelles luttes

    Yamina Benchemmi, Pap Ndiaye, Gilles Manceron, Amine Ben Mansour, Saïd Bouamama

    17h

    Atelier 1 - Colonisation et immigration dans les programmes scolaire

    commission éducation des Alternatifs , Gilles Manceron (LDH)

    Atelier 2 - La place des femmes issues de l’immigration, post-coloniale ou non, dans la société

    Yamina Benchemmi, commission féminisme des Alternatifs

    Atelier 3 - Les dégâts de l’assimilation

    Lea Carlat ( Les Alternatifs)

    Atelier 4 - la place des musulmans en France ( islamophobie, etc..)

    Tarek Ben Hiba (FCTR)

    Atelier 5 - La figure de l’immigré et du colonisé dans les media

    Odile Töbner-Biyidi ( Survie) , Laurent Bonelli (sous réserve)

    20h SOIREE POLITIQUE ET MUSICALE La Compagnie Jolie Même et ZEP/MAP


    Dimanche 11 juillet

    9 H Séance Plénière : Les discriminations : oppression de classe, oppression de genre, oppression d’origine

    Emmanuel Terray, Danièle Lochak, (GISTI) Pierre Didier Tchetch Opea (FSQP)

    11 H 15

    Atelier 1 - Les luttes des sans papiers :

    Raymond Chauveau ( CGT ) Pierre Cordelier ( RESF)

    Atelier 2 - Y a-t-il une oppression spécifique des femmes dans les quartiers populaires ?

    Commission féminisme des Alternatifs, Ernestine Ronai (Obeservatoire des violences faites aux femmes du 93)

    Atelier 3 - Politique de la ville. Politique de dupes ?

    Salah Amokrane ( FSQP), Pierre Didier Tchetch-Opea ( FSQP )

    Atelier 4 - Ethnicisation des rapports de travail

    Nicolas Jounin

    14 H 30

    Atelier 1 - Droit de vote des étranger-e-s non communautaires

    Paul Oriol (Les Alternatifs)

    Atelier 2 - Transformer les rapports de domination Nord Sud

    Odile Biydi-Tobner, Olivier Chantry ( CADTM)

    Atelier 3- La question palestinienne et les jeunes de quartier

    Mohamed Ezzeghmouti , Benoit Hebert (Les Alternatifs)

    Atelier 4 - Langues et cultures minorisées

    Cyril Cogneras (Les Alternatifs)

    Présentation du livre de Bruno Riondet sur les nanotechnologies

    17 H Débat. Comment articuler les luttes spécifiques et la perspective d’émancipation générale ? Autonomie des luttes ou unité populaire ? Comment constituer un bloc social et politique ?

    avec la participation de représentant-e-s de mouvements de la gauche de transformation sociale et écologique.

    Salah Amokrane ( FSQP), Tarek Ben Hiba ( FASE), Héléne FRANCO ( Parti de Gauche), représentantant-e-s du PCF et du NPA , les Alternatifs

    20 H 30 Présentation par Jacques Leclerc de son livre sur l’évolution de l’extrême droite ces dernières années


    Lundi 12 juillet

    9 H - Séance plénière. « La guerre contre les cités » : politiques sécuritaires, violences policières et « classes dangereuses »

    Laurent Bonelli, Jean Pierre Garnier, Nordine Iznasni ( FSQP) - Evelyne Sire-Marin (Syndicat de la Magistrature -sous réserve)

     Université d’été ! Inscrivez-vous, faites connaître le programme autour de vous.


    Pour pouvoir gérer au mieux l’infrastructure en matière d’hébergements et de repas, il est nécessaire de connaître le nombre de participant-e-s le plus tôt possible.

    Pour cela iIl suffit tout simplement de remplir le bulletin d’inscription et de le renvoyer accompagné du chèque correspondant rue de Malte.
    Il est à noter qu’il existe un tarif n° 5 à 40 euros : 6 repas sans hébergement aux personnes à faible revenu, précaires, jeunes en formation.

    Les tarifs proposés correspondent à un hébergement pour 3 nuits, 3 petits déjeuners, 6 repas.
    Les chèques sont libellés à l’ordre d’A.F. ALTERNATIFS

    • Tarif 1 du 9 au 12 juillet AUBERGE MUNICIPALE 170 euros
    • Tarif 2 du 9 au 12 juillet AUBERGE MUNICIPALE 60 euros (réservé aux personnes à faibles revenus, précaires, jeunes en formation)
    • Tarif 3 du 9 au 12 juillet HOTEL 270 euros
    • Tarif 4 du 9 au 12 juillet 6 repas sans hébergement 85 euros
    • Tarif 5 du 9 au 12 juillet 6 repas sans hébergement 40 euros (réservé aux personnes à faibles revenus, précaires, jeunes en formation)

    Bulletin d’inscription à envoyer à ALTERNATIFS/UNIVERSITE D’ETE
    40, rue de Malte 75011 Paris

    Nom :
    Prénom :
    Adresse :
    TARIF 1 ci-joint chèque de 170 euros A.F. ALTERNATIFS
    TARIF 2 ci-joint chèque de 60 euros A.F. ALTERNATIFS
    TARIF 3 ci-joint chèque de 270 euros A.F. ALTERNATIFS
    TARIF 4 ci-joint chèque de 85 euros A.F. ALTERNATIFS
    TARIF 5 ci-joint chèque de 40 euros A.F. ALTERNATIFS


    EXPOSE DES MOTIFS : PROPOSITION

     La panne de l’ascenseur social, la montée du chômage de masse, la précarisation croissante des jeunes, les attaques contre les services publics de proximité, l’accentuation de la ségrégation urbaine, conséquences de la domination du capitalisme néo-libéral, ont des effets particulièrement « dévastateurs de vie » dans les quartiers populaires.

    Mais la question sociale ne peut résumer à elle seule la situation de ces quartiers.

    Les immigrations des dernières décennies proviennent en grande partie des anciennes colonies d’Afrique noire ou du Maghreb et des actuels DOM, départements d‘outre-mer dont la récente lutte du LKP a mis en évidence le caractère colonial. Cependant, il convient de ne pas oublier que l’immigration connait une très forte mondialisation qui s’est accélérée depuis une dizaine d’années et qu’elle dépasse aujourd’hui largement les limites de l’ex-empire colonial : immigration turque, balkanique, caucasienne, roms, indienne, chinoise et venant de l’Europe centrale et orientale. Noires, arabes, asiatiques, souvent musulmanes ( probablement autour de 4 millions aujourd’hui ) ces personnes, immigrées ou non, souvent de nationalité française, parfois non, vivent majoritairement dans ces quartiers et sont rejetées, stigmatisées, discriminées.

    Ces dernières années, l’injonction de l’assimilation comme son pendant – le discours de l’exclusion - ont pris des proportions inquiétantes, souvent relayés par des milieux qui n’étaient pas classés à droite.

    Les gouvernements, y compris ceux se réclamant de la gauche, ont réactualisé les images et les expressions qui peuplaient l’imaginaire colonial pour opposer la figure acceptable de « l’immigré intégré » et celle du « sauvageon » ou de la « racaille » délinquante.

    Nicolas Sarkozy a construit une partie de sa popularité sur l’intransigeance contre cette « racaille des cités ». Il a bâti une partie de sa campagne électorale de 2007 sur la réhabilitation du grand œuvre colonial : il faut être fier d’être français et naturellement méfiant vis à vis de ceux-celles qui ne le sont pas ou qui menacent « nos valeurs ». Au gouvernement, il a accentué la chasse aux immigrés ; il a stigmatisé à nouveau les habitant-e-s des cités et il a exalté la suprématie occidentale (discours de Toulon puis de Dakar). Il est d’ailleurs difficile de comprendre le sens de la campagne sur l’identité nationale si on ne la situe pas dans le prolongement du nouveau discours dit décomplexé de la droite française depuis quelques années. Il s’agit d’une reconquête idéologique et pratique qui va au-delà du calcul électoral.

    Cette situation a nécessairement des conséquences sur la façon dont les populations des cités, notamment les jeunes issus de la colonisation, français pour la plupart, perçoivent leur existence sociale et leur insertion dans la société française. Les sifflets au stade de France lors du match France-Algérie doivent être analysés à la lumière de ce contexte.

    La négation des appartenances culturelles, religieuses et d’origine, sous couvert d’universalisme abstrait fabrique du ressentiment, une sur-valorisation des identités particulières et détourne des mécanismes fondamentaux de l’oppression sociale.

    Véhiculant l’idée de l’incompatibilité des cultures et alimentant ainsi l’idéologie du choc des civilisations, sous couvert de lutte contre le terrorisme, les impérialismes dominants donnent un coup de fouet à la xénophobie d’Etat et à l’islamophobie ( ou racisme anti-musulman ), cette dernière relayant, sans le faire disparaître, le vieux fonds du racisme anti-arabe. Les nouvelles classes dangereuses, cibles privilégiées des nouveaux dispositifs de sécurité et des violences policières, sont souvent musulmanes et non-blanches.

    Le caractère systémique des discriminations a été établi par les recherches en sciences sociales. A l’embauche, dans l’emploi, au logement, dans les loisirs, la consonance du nom et/ou la couleur de la peau sont un véritable mur qui crée une souffrance sociale souvent ignorée et redoublée par la négation de l’existence de ce mur.

    Les politiques gouvernementales, de gauche comme de droite, n’ont pas engagé de véritable plan de lutte contre ces discriminations. Au contraire, elles ont contribué à stigmatiser les banlieues populaires et à reléguer leurs habitants au rang de citoyen-nes de seconde zone qui doivent faire la preuve, constamment renouvelée, de leur intégration aux « valeurs de la république ». Les « politiques de la ville » mises en œuvre, privées de moyens, relèvent de cette conception à laquelle a été adjoint le volet sécuritaire ( les fameux « contrats locaux de sécurité ») et répressif.

    Les Alternatifs sont un mouvement politique. Ils considèrent la question du racisme et des discriminations comme un problème politique, c’est à dire comme le produit de la domination d’un certain type de rapport social, de la même manière que la domination des hommes sur les femmes et celle du capital sur le travail.

    La prise en compte réelle de ces questions et l’élaboration de solutions politiques par l’ensemble de la gauche de transformation sociale et écologique est une condition de son développement. Le nouveau prolétariat des quartiers populaires est le plus souvent victime d’une double oppression, sociale et raciste, et, pour une personne sur deux d’une triple oppression. Le développement de ses propres formes d’organisation est une condition de son émancipation. Mais il faut aussi qu’il « utilise » les mouvements politiques de contestation comme le nôtre et, pour cela, que ces mouvements fassent la preuve de leur capacité à intégrer ses préoccupations.

    L’UE 2010 des Alternatifs s’inscrit dans cette perspective. Nous souhaitons qu’elle constitue un moment fort pour s’emparer de ces questions. Nous pensons que l’échange et le débat sur ces thèmes, trop longtemps laissés en friche par la gauche de transformation sociale, a acquis un caractère d’urgence. Nous entendons bien faire de cette université un lieu de rencontre entre tous ceux et celles, mouvements politico-associatifs, organisations politiques, associations de jeunes, intellectuels engagé-e-s …. qui chacun à leur manière luttent sur le terrain pour la justice sociale, contre les exclusions et les discriminations et pour l’égalité des droits.

  • Communiqué du 30 juin 2010
     

    Un 1er juillet pour la liberté d’expression

    Les Alternatifs

    Les Alternatifs soutiennent les manifestations organisées le 1er juillet par des salariéEs et auditeurs/trices de Radio France. La mise à l’écart de Didier Porte et Stéphane Guillon témoigne de la volonté de mettre fin à des paroles dérangeantes pour le pouvoir.

    La mise en pleine lumière par quelques journaux et sites d’information indépendants des petites arrangements et grands scandales qui témoignent de la voracité et du cynisme du personnel politique sarkozyste, et de l’osmose entre ce personnel et les grandes fortunes est un élément majeur de l’affaiblissement de la Droite. Des chroniques humoristiques et éminemment politiques sur France Inter ont contribué à cette mise en lumière indispensable.

    C’est pourquoi nous étions nombreux/ses à protester le 1er juillet contre la mise au pas, entre autres à Paris devant la Maison de Radio France. Et à rêver d’une prochaine nuit du 4 Août.

    Les Alternatifs

  • Communiqué des Alternatifs du 23 juin 2010
     

    Place à la vraie vie !

    La défaite de l’équipe de France de football est une mauvaise nouvelle pour Sarkozy et son gouvernement qui espéraient qu’une « union nationale derrière le maillot » fasse un rideau de fumée à leur réforme des retraites et à leur propre turpitude.

    Ce « rêve qui s’évanouit » est, pour les Alternatifs, la fin, provisoire hélas, d’un cauchemar qui voit des milliers de jeunes et moins jeunes idolâtrer de véritables mercenaires du ballon rond, payés, achetés et vendus à coup de millions d’euros.

    Exit Domenech et l’équipe de France. Sans regret. Les supporters évaporés, la rue sera, dès jeudi prochain, au peuple pour qu’il crie sa colère contre la remise en cause de ses retraites. La vie en vrai.

    Jean-Jacques Boislaroussie Rachel Lafontaine

  • Journal des Alternatifs
     

    Rouge et Vert n°310

    du 22 juin 2010

    Lisez en ligne ce numéro du 22 juin 2010 de Rouge et Vert, le journal de Alternatifs et abonnez-vous pour le recevoir directement chez vous.

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  • Communiqué des Alternatifs du 17 juin 2010
     

    Unité pour le retrait du projet de loi de réforme des retraites !

    Une nouvelle contre-réforme

    Après des semaines d’intox, le Gouvernement vient de mettre ses propositions pour les retraites sur la table :


    o Recul du droit à la retraite de 60 à 62 ans ;
    o Recul du droit à une retraite sans décote de 65 à 67 ans ;
    o Augmentation de la durée de cotisation à 41,5 ans en 2020 ;
    o Augmentation des prélèvement retraites des fonctionnaires de 7,85% à 10,55%.

    Le recul de l’âge du départ à la retraite et du droit à la retraite à taux plein vont toucher de plein fouet les classes populaires et toutes les personnes ayant été touchées par la précarité, notamment les femmes.

    Une « réforme équitable » ?

    Ce que paieront les travailleur-se-s :

    • 20 Mds par le recul des droits à la retraite de deux années ;
    • 4,9 Mds de mesures d’économie sur la fonction publique. Soit 24,9 Mds, soit 87 % de l’effort

    Ce que paieront les hauts salaires et revenus financiers : 3,7 Mds, soit 13 % de l’effort.

    Un gouvernement aux ordres des marchés financiers

    Alors que l’alarmisme démographique était jusqu’à présent mis en avant pour remettre en cause les acquis des retraites par répartition, la logique est désormais de stopper à court terme le déficit des régimes de retraites. Ces propositions s’inscrivent dans une logique d’ensemble : pour que la France mérite la confiance des spéculateurs et des agences de notation, il faut liquider les Services publics, peser sur nos salaires, déstructurer plus encore le Code du Travail, réduire les retraites par répartition et le salaire socialisé (les cotisations sociales) en général pour marchandiser enfin les retraites et la Santé.

    Cette nouvelle contre-réforme gouvernementale des Retraites est un élément clé de ce projet global. Alors que le déficit actuel des différents régimes de retraites n’est que de 32 milliards d’euros (comparé à celui de l’ensemble du budget de l’État qui est de 240 milliards), il suffisait simplement de revenir sur les exonérations de cotisations sociales dont bénéficient les entreprises qui coûtent la bagatelle de 46 milliards d’euros pour rééquilibrer les régimes de retraites sans remettre en cause les droits à la retraite de millions de travailleurs et de travailleuses.

    Retrait du projet de loi sur les retraites : c’est possible !

    L’unité dans la mobilisation est vitale, unité intersyndicale, unité des organisations de gauche. Cette unité se construit à la base dans les collectifs unitaires, par l’information et la mobilisation dans les villes, villages et entreprises. La mobilisation sociale est désormais décisive pour faire plier le gouvernement, elle doit se poursuive dans les mois qui viennent , elle devra encore s’amplifier et se généraliser en septembre.

    Les Alternatifs