NB1 : J’ai établi cette esquisse suite aux discussions avec Jacques, Benoît et Robert mais je suis seul responsable de ses insuffisances.
NB2 : Cette trame, à visée systémique et dialectique, en apparence seulement systématique, n’a pas pour fonction de nous conduire, après amélioration, à apporter des réponses sur tous les points lister mais de favoriser la sélection et un traitement satisfaisant des questions essentielles
Réflexions préliminaires :
Pour être efficace, cette trame doit être critiquée puis utilisée en prenant en compte plusieurs éléments non repris ici :
1. Les contributions de l’économie au politique*
* le politique contribue aussi à l’économie mais ses contributions ne sont pas examinées ici.
Ces contributions (partagées avec d’autres disciplines ou approches) relèvent des trois fonctions habituelles de toute discipline scientifique : - Contribution analytique et explicative : aider le politique à comprendre une situation, - Contribution positive : aider le politique à théoriser des phénomènes, à dégager des « invariants », des axes d’intervention, - Contribution normative : aider le politique à élaborer un projet, à faire des choix, à édicter des règles.
2. Les articulations au sein du domaine de l’économie dans un processus politique (voir schéma, p 2), par exemple à l’échelle d’un pays, peuvent être décrites autour des 3 questions de base, fortement reliées : - Que produire ? - Comment le produire ? - Comment répartir les biens et les richesses ?
Elles-mêmes encadrées et déterminées, chacune et les trois ensemble, par deux autres : - Qui décide et comment ? - Avec quelles relations avec l’extérieur ?
Ces différentes questions se posent en situation initiale, en transition et en projet final, chaque étape n’étant pas de l’ordre du « moment présent » mais du processus de passage ou d’évolution.
Les réponses possibles pour chaque question « centrale » (Que ou comment ?) relèvent elles mêmes de trois champs : technique et scientifique (quelles ressources, quelles connaissances ? …), économique (quels coûts ? …) et institutionnel (quelles règles … ?). Ainsi le champ de l’économie, pour être essentiel, ne peut jamais être traité seul.
De même, chacune de ces 3 questions est à traiter en relation étroite avec les 2 autres. Par exemple « comment répartir » va dépendre du niveau des services publiques, fixé en « que produire (peu ou beaucoup de formation …) et en « comment produire » (services publics gratuits ou non ou services privés). La liaison entre ces 3 questions, de type dialectique, fait que la réponse définitive ou intermédiaire à chacune d’entre elles ne peut être indépendante de celles données aux deux autres ;(c’est pourquoi sur le graphique la liaison entre « qui décide » et les 3 questions, ne rencontre pas une question donnée mais la flèche à 2 têtes qui relie chaque question).

3. Contenu de chaque question (évocation)
- Que produire ?
Cette question renvoie à la liste des biens nécessaires et de leur quantité à un moment donné (t+ 1, t + 10 …) et donc en évolution. Cette question contient celle de l’évolution de chaque production, de chaque secteur, de l’ensemble économique, donc nécessairement celle de l’indicateur ou mieux de la batterie d’indicateurs.…
Comment produire ?
Cette question en contient au moins 4, également fortement et dialectiquement reliées, par exemple entre technologie et emplois ou conditions de travail : Les technologies, Les types d’unités de production (taille, …, rapports entre K et W y compris pour les entreprises autogérées : propriété intégrale des travailleurs ou propriété publique mise en gérance au collectif des travailleurs ; ce point est bien sûr en rapport avec « qui décide ». Le nombre et les caractéristiques des emplois, Les conditions de travail (organisation, pénibilité …).
Remarque : les deux questions du quoi et du comment couvre celle plus globale du système productif et de sa finalité. C’est dans ce cadre que peut être en partie examinée la question du type d’évolution de ce système productif (croissance, décroissance, alter développement…).
Comment distribuer ?
Cette question, particulièrement liée au « qui décide », couvre celles : Du rapport entre utilisation immédiate et future (financement de l’accumulation, dépenses à effets retardés, stockage) des richesses produites, Des politiques monétaires et budgétaires (Cf. en particulier la fin, p 8 et suivantes, de la note de Benoît « quelle attitude adopter face à la crise financière »), des niveaux et des écarts entre les revenus primaires, parts du revenu du travail et du capital (si la question se pose…), les types et niveaux des fonctions distributives, les niveaux et les conditions d’accès aux services publics (gratuité ou non, accès réel de tous au même service ou non ; voir par exemple la question de l’équité d’accès à la formation). Pour la période actuelle et pour les propositions se pose la question du revenu « universel » (travail de Robert en cours).
Plus globalement, cette question renvoie, comme celle du « qui décide » au partage entre ce qui relève du marché et de sa régulation et du non marché et de ses caractéristiques ; (voir la note de Benoît et mes remarques et sa 2ième note suite à ces remarques).
Qui décide ?
Nous avons, avec l’autogestion, des réponses à cette question (voir notamment les notes de Jacques) mais elles sont à compléter pour le domaine économique et en relation avec les 3 questions centrales et celle des relations extérieures. Deux questions importantes : celle de la propriété et des rapports sociaux qui en découlent : qui est propriétaire de quoi et quels sont les droits et les devoirs attachés, … Celle de la régulation en système autogéré : « la planification démocratique » est-elle adéquate ?
Quelles relations avec l’extérieur
A cette question, sans doute la plus difficile, combinant très étroitement l’économique et l’institutionnel (politique et juridique), il est impossible d’apporter une réponse complète, à t0 pour t +n, notamment sur le plan normatif. Mais il n’est ni impossible ni inutile de tenter de répondre en partie aux questions suivantes : - les échanges commerciaux actuels et souhaitables, en lien avec « que produire », - les accords actuels et souhaitables, en lien avec « qui décide », - les pays amis et les autres (ennemis ou non) et les objectifs des relations extérieures, dont les choix en matière de défense.